Etudier la fréquentation dans les espaces naturels.fr : méthodologie
Ce guide publié en 1999, réalisé en partenariat entre l’Aten et les parcs nationaux, est destiné aux responsables des espaces naturels qui souhaitent engager, poursuivre ou réorienter des études sur la fréquentation. Le guide aide à définir les objectifs, mettre en place une organisation adéquate pour piloter l’étude et acquérir les bases méthodologiques pour suivre l’étude et interpréter ses résultats. Basé sur l’expérience de trois parcs nationaux, il comprend de nombreux exemples pratiques.
Quelques principes préalables
Les étapes de mise en oeuvre
Résumé opérationnel : un guide pour un cahier des charges
Nous présentons ici une synthèse des étapes détaillées (fiche 3.1). Ce résumé peut constituer un guide de travail pour tout responsable qui souhaiterait construire un cahier des charges pour réaliser une étude de fréquentation.
Les choix opérationnels de l'étude de 1996
Dans un contexte spécifique, quelle a été la démarche des parcs nationaux qui ont participé à l'étude 1996 ?
4.1.1 Les études de fréquentation pour les Parcs concernés :
- 3 parcs nationaux ont convenu de s'associer pour réaliser l'enquête de 1996 : les Parcs nationaux des Ecrins, des Pyrénées et de la Vanoise. Pour deux de ces Parcs, cette étude s'est placée dans la continuité d'études précédentes: deux études en 1975 et 1992 pour le Parc national des Pyrénées, en 1979 et 1991 pour le Parc national des Ecrins.
- L'évolution du contenu des études terrain illustre assez bien les changements progressifs intervenus dans l'approche du public par ces Parcs nationaux: en 20 ans, on passe d'une approche plutôt « Tour d'Ivoire» à une prise en compte croissante de l'environnement.
→ Phase 1 : mise en route et cadrage méthodologique (1975 pour les Pyrénées, 1979 pour les Ecrins).
Les observations sont principalement quantitatives, il y a peu de qualitatif (CSP, pratiques touristiques). Les questions posées ne s'intéressent qu'au parc, au travers de ses visiteurs: combien sont-ils, quelles sont leurs satisfactions et leurs attentes à l'égard du parc. On est encore dans un raisonnement en système fermé: le Parc national se vit comme une entité spécifique, autonome, quasi indépendante de son environnement.
→ Phase 2 : la méthodologie s'affine au plan quantitatif, la dimension qualitative s'étoffe.
En 1981, une enquête qualitative (enquêtes et interviews dans les parcs et hors des parcs) est réalisée par le Centre de Communication Avancée sur plusieurs Parcs nationaux avec comme objectif d'attirer l'attention des gestionnaires sur la nécessité de communiquer avec des publics plus larges que les seuls habitués. En 1991 et 1992, les Parcs nationaux des Ecrins et des Pyrénées réalisent chacun une étude à la fois quantitative et qualitative des visiteurs avec analyse des comportements de promenade, de la perception du Parc national, des attentes. Si plusieurs aspects méthodologiques seront repris en 1996 (points de comptage routiers, éléments de questionnaires), on est encore en système fermé : il n'y a pas ou peu de prise en compte de l'environnement large. On s'intéresse davantage au public pour lui-même, en essayant de découvrir ses aspirations, ses motivations. Le public devient un élément du système dont on a la charge.
→ Phase 3: ouverture et élargissement méthodologique.
On dispose à présent de 3 enquêtes successives pour deux des parcs concernés, avec des données relativement compatibles. L'approche qualitative s'approfondit avec la prise en compte de tendances socio-culturelles nationales. On élargit l'analyse à l'environnement large avec une analyse du « vivier » de clientèle à l'échelle nationale. Cet élargissement se limite au territoire national et les visiteurs issus des pays voisins ne sont pas encore intégrés à l'enquête qualitative (ils sont cependant pris en compte dans l'enquête quantitative). Les parcs se vivent plus comme des systèmes ouverts: le public est non seulement un élément de l'espace dont on a la charge, une des deux composantes de la mission, mais également un facteur d'interaction avec l'environnement, un flux d'échanges en allers-retours. Cette logique peut probablement être poursuivie davantage (qu'apportent-ils aux Parcs, que leur apportent les parcs, quels facteurs d'interaction constituent-ils avec l'environnement de l'Espace ?).
4.1.2 Le contexte de ces Parcs
- La gestion de la fréquentation touristique peut être comprise comme faisant partie intégrante de la mission des Parcs (accueil, pédagogie, lien avec la nature) et à ce titre être un élément de la planification des Parcs :
" L'objectif prioritaire des Parcs nationaux est de contribuer, à l'échelle locale, nationale et internationale, à la conservation du patrimoine naturel et en particulier de la diversité biologique, tout en contribuant au développement de comportements respectueux de ce patrimoine. Le caractère prioritaire de la conservation du patrimoine naturel ne doit pas masquer d'autres enjeux majeurs pour les parcs nationaux: le caractère du territoire, les paysages, le patrimoine culturel ... /... Gérer un espace protégé, c'est agir (ou ne pas agir) avec les partenaires locaux pour conserver voire augmenter sa valeur patrimoniale." 3 |
- Dans chacun des parcs partenaires de cette étude, l'étude de fréquentation est ainsi apparue comme un élément constitutif de la gestion de l'espace et de la programmation des aménagements à moyen terme. Elle est également perçue comme un levier d'interaction, de collaboration, voire de négociation avec l'environnement institutionnel et socio-professionnel du Parc national. * Cette perception de la fréquentation et la place des études de fréquentation est variable selon les Parcs. Elle dépend pour une large part du contexte local et de la position du Parc national vis-à-vis des communes avoisinantes. Dans certains cas, le Parc national peut être perçu comme une source de connaissances techniques (faune, flore,) et sociologiques (patrimoine culturel, connaissance des visiteurs) pour son environnement proche (Comités Régionaux de Tourisme, Offices du Tourisme et Syndicats d'Initiative, communes et stations). Pour autant, les moyens mis et résultats disponibles ne pèsent pas lourd face aux énormes budgets de l'industrie du tourisme avoisinante (pour le Parc national de la Vanoise notamment). Dans tous les cas, et les dernières études réalisées par les Parcs nationaux le démontrent, des études de fréquentation cohérentes et renouvelées constituent, de façon certaine, un lien de collaboration et de partenariat entre les Parcs et les institutions locales.
4.1.3 La démarche employée
- Un groupe de travail inter-parcs a été constitué à l'initiative de l'AFIT4 sous la maîtrise d'oeuvre déléguée du SEATM5. Ce groupe de travail a réuni les 3 Parcs et des consultants de la Cofremca, le bureau d'études qui a participé à cette opération.
- A partir d'objectifs spécifiques à chacun des parcs, ce groupe de travail a mis au point une méthodologie et un planning de recueil de l'information communs, que ce soit pour les données quantitatives (comptages) ou qualitatives: 2760 personnes seront interviewées dans les 3 parcs entre juillet et août 1996. Cette enquête sur le terrain sera rapprochée des résultats d'une enquête nationale qui eut lieu en juillet 1996 et au cours de laquelle un échantillon de 1 000 personnes, représentatif de la population française, a été interrogé.
- Le traitement commun des données se limitera aux résultats inter-parcs, chaque parc assurant par la suite le traitement de ses données spécifiques (analyses par sites, rapprochement avec les données antérieures etc.). Cette étude a ainsi permis de réunir des données globales (analyse macro) conjointement à des données spécifiques par site (analyse micro).
Le nombre significatif de personnes interrogées sur les 3 parcs (près de 2 800) a permis de dégager des tendances comportementales fiables et d'en analyser la répartition entre les parcs.
- La restitution des résultats a donné lieu à la publication de rapports élaborés par les Parcs et une présentation orale sous forme de réunions, similaire pour les Parcs des Ecrins et de la Vanoise.
3 ln Guide Pratique des plans de gestions des parcs nationaux ATEN décembre 1997.
4 Agence Française de l'Ingénierie Touristique dépendant du Ministère du Tourisme.
5 Service d'Etudes et d'aménagement du Tourisme de Montagne dépendant du Ministère du Tourisme.
L'étude de fréquentation : un maillon dans une réflexion qui s'inscrit dans le temps
1.1.1 Considérer l'espace protégé comme un système ouvert et non fermé
- L'évolution socio-économique démontre quotidiennement que les espaces naturels protégés fonctionnent, à tous les niveaux, en systèmes ouverts et fortement imbriqués : c'est l'art de l'organisation sociale que de favoriser et respecter la diversité dans un mode d'intégration forte. Dans ce contexte d'interaction croissante, il serait vain, et probablement faux, de vouloir fonctionner en système fermé.
Les visiteurs sont des résultantes d'interaction avec l'environnement : leur nombre et leur profil, leurs attentes, leurs comportements sont autant dépendants des données externes aux espaces protégés que de leur politique propre. Par exemple, l'ouverture d'une rocade, de nouvelles infrastructures de transport même lointaines (exemple, le Tunnel sous la Manche) ont une incidence sur la fréquentation (sans parler de la météo). Plus on tient compte de cette continuité, plus la gestion des flux aux portes des espaces s'en trouvera facilitée. Par exemple, l'enquête de 1996 a permis de mesurer et comparer les écarts entre les profils de la population en général (le « vivier » de vacanciers) et ceux des visiteurs réels : tous ceux qui envisagent de visiter un espace protégé ne passent pas à l'acte et les visiteurs sont, finalement, un segment assez précis de cette population. Les motivations avouées chez soi ne sont pas forcément celles déclarées sur place.
- Un espace protégé est, par ailleurs, un espace non clos, « transparent» en terme de circulation (y compris pour les espèces qu'il protège) et ses dimensions et contraintes administratives ne correspondent pas toujours à sa réalité vivante, réticulée, souvent beaucoup plus large et plus complexe.
- Certes, il peut être tentant dans un contexte de moyens limités de réduire l'analyse à l'espace luimême, qui en est le point focal. Ce serait cependant comme vouloir analyser une espèce indépendamment de son milieu. Plutôt que de limiter le périmètre de l'étude, l'expérience de l'étude de 1996 montre qu'il est possible, avec une collaboration entre plusieurs espaces protégés, de repousser la limite des moyens et donc d'améliorer la qualité de l'analyse par une intégration plus large de l'environnement. Cette collaboration devrait pouvoir s'envisager à des degrés divers, par exemple avec des acteurs socio-économiques locaux, avec d'autres espaces protégés, avec des pays voisins etc. Elle devrait pouvoir s'envisager entre espaces protégés de statuts différents.
- L'étude de fréquentation devra intégrer cette perspective ouverte dans ses objectifs, dans la détermination de son périmètre, dans la définition de son contenu, dans le choix des moyens mis en oeuvre. Cependant, il est important de ne pas brûler les étapes: il est préférable de commencer petit, pour rôder les outils et forger l'expérience, avant d'ouvrir progressivement le champ de l'analyse.
1.1.2 Résulter d'une réflexion antérieure
- Un espace protégé construit son développement autour d'un plan de gestion, ou d'un « projet d'établissement », cette dernière orientation ajoutant à la programmation une définition qualitative et de valeurs. C'est dans le cadre de cette orientation volontariste que l'étude devra s'insérer. Considérer la fréquentation comme un flux d'interactions avec l'environnement donne à l'étude de cette fréquentation une place essentielle dans le plan de développement de l'Espace : elle en devient un indicateur de pilotage (utile autant dans la gestion interne que dans ses interactions externes).
- Il ne faut pas attendre de l'étude qu'elle définisse la politique de l'Espace protégé: L:enquête, quelle que soit sa forme, n'est qu'un outil au service des décideurs. Ses objectifs, sa fréquence, son contenu dépendent de la politique voulue pour l'espace et non l'inverse: une réflexion amont sur la problématique de gestion ou de fréquentation doit précéder l'enquête. Celle-ci est la résultante d'une dynamique d'engagement qu'elle vient enrichir et aider à piloter.
- Il s'agit donc de partir d'hypothèses que l'étude permettra d'évaluer. Si l'on ne sait pas ce qu'on cherche, on ne saura pas si on l'a trouvé et on ne pourra ni comprendre ni interpréter les observations rapportées par l'étude. L:étude doit donc répondre à des questions que l'on s'est posé au préalable et non découvrir les questions qu'on devrait se poser. Ainsi, par exemple, le questionnaire sera construit en pensant au traitement qu'on en fera : les réponses ne se suffisent pas en ellesmêmes, les questions devront pouvoir être rapprochées, croisées, se compléter, s'opposer ... et se contredire : l'homme n'est pas un animal de pure logique (voir tableau page 19). C'est l'expérience qui fournit la matière pour enrichir la problématique et les hypothèses qui vont guider une étude et les suivantes. La connaissance de la fréquentation se confirme, s'invalide, s'enrichit et se réoriente au fur et à mesure des observations.
1.1.3 Penser aux recherches ultérieures
- L'étude de fréquentation elle-même n'est pas un système en soi, sans lien avec d'autres réflexions menèes par l'institution ni prolongements dans le temps : le traitement, la présentation et l'exploitation des résultats, le renouvellement des observations doivent être envisagés avant de s'engager dans la mise en oeuvre. Que ferons-nous des résultats, quand et comment seront effectuées les enquêtes ultérieures, avec quels objectifs complémentaires des premiers, quels moyens récurrents seront mise en oeuvre ? ... sont parmi les questions que l'on doit se poser avant de déterminer le périmètre et le contenu de l'étude prévue.
- Les capacités internes de suivi, d'analyse, de stockage et d'accès durables aux données (ce point est capital), seront donc évaluées dès les réflexions préalables, ne serait-ce que pour délimiter le contenu et la forme des résultats attendus de l'étude. C'est par l'accumulation autant que par les traitements croisés que la connaissance s'affine.
De même, une réflexion en amont quant à la définition d'un cadre ou d'un format commun de restitution des résultats paraît être une bonne option. Cela permet une reconduction (et donc les comparaisons) d'une étude à l'autre et permet également aux personnes ne travaillant pas sur le projet depuis l'origine d'en assurer néanmoins correctement le suivi.
1.1.4 S'imposer de penser dans la continuité
- Cet impératif de suivi pose le problème de la pérennité des orientations: une étude n'apportera pas de réponses à toutes les questions que l'on se pose. Il faudra donc faire des choix et supprimer des questions en particulier celles non totalement éclaircies, d'un ordre inférieur au questionnement en cours. Cette contrainte impose de ne pas changer de cap en cours de route, sous peine de déconstruire l'édifice d'observations (dans le cas contraire, par exemple un bouleversement obligeant à une remise en cause, il importe de conserver des passerelles entre les deux types d'approche, l'ancienne et la nouvelle).
- Il faut donc garder à l'esprit la construction d'un référentiel commun d'une étude à l'autre. Par exemple, d'une étude à l'autre, ne pas passer, pour une même problématique, de questions ouvertes à des questions fermées (ou alors savoir pourquoi), ne pas ajouter ou supprimer des items à une même question, ou encore changer des questions de place: le recueil des informations, en particulier sous forme de questionnaire, doit être d'une grande stabilité sous peine d'induire des « artefacts » qui viendraient perturber l'analyse. Sur le terrain, on s'assurera, par exemple, du respect de la répartition des points de comptage ou des observations entre sites (ou sentiers).
- Notons que cet impératif de continuité vaut également au sein d'une même étude. Une fois mises en évidence les hypothèses de travail, il convient de s'y tenir tout au long de l'étude, même s'il est nécessaire de savoir s'arrêter et réorienter les choix initiaux.
- Il faudra donc déterminer, dans le cadrage de l'étude, les questions récurrentes (celles qui appellent une mesure systématique à chaque étude), et les questions plus circonstancielles (qui apportent un éclairage particulier ou sectoriel).
- Il faut également s'assurer de la pérennité des choix méthodologiques (mesures quantitatives, mesures qualitatives). t..:échange d'expériences entre les gestionnaires d'espaces ou avec leurs partenaires locaux permet ici de gagner beaucoup de temps.
- De même, il est essentiel de garder trace en interne des données brutes, non compilées, y compris (et surtout) si le traitement en est confié à des tiers. Ces données doivent être stockées par le gestionnaire d'espace, sous un format qui restera durablement compatible avec les logiciels de traitement. Il importe également de conserver le « mode d'emploi» des données (clés de codage, ordre, etc.). C'est en effet à ces données que l'on aura recours pour les rapprochements avec des études ultérieures, ou des analyses complémentaires (par exemple des croisements entre populations ou profils qui n'auraient pas été effectués sur le champ).
La réflexion préalable
2.1.1 Définir le cahier des charges
- Il sera important d'abord de convenir des objectifs de l'étude, des résultats attendus, de leur exploitation possible, de leur part contributive au plan de gestion.
Il faudra également déterminer les priorités entre les sites, entre les questions et les variables, entre les méthodes, pour parvenir au dimensionnement optimum du projet. A ce niveau devront être référencés les " renseignements" utiles, ceux que l'on souhaite valider par l'enquête. Ce seront :
- des informations techniques ou pratiques qui permettent d'asseoir des décisions (dimensionnement des parkings, capacités d'accueil, charge sur des sentiers ou des sites),
- des renseignements qui permettront d'envisager une action (profil et origine des visiteurs, lieux de séjour, attentes, relations avec les professionnels ou les accompagnateurs, perception de l'espace protégé etc.).
- Ces différentes étapes dans l'élaboration du cahier des charges sont souvent itératives: autrement dit, comme pour l'élaboration d'un budget, il faut passer par différentes phases successives de propositions et de remise en question : une première phase pour construire le champ le plus large possible, une deuxième phase pour le restreindre en fonction des contraintes, notamment budgétaires. Cela nécessite à peu près autant de temps pour préparer une étude de fréquentation que pour la mettre en oeuvre et parvenir aux résultats.
- Il faudra enfin s'accorder sur quelques définitions de base qui feront partie du référentiel commun pour l'ensemble des études à venir: définition de l'espace (où commence la zone d'enquête, où s'arrête- t-elle à l'extérieur et à l'intérieur de l'espace protégé), quelles voies d'accès privilégier, quels flux et cycles prendre en compte, qu'appelle-t-on visiteur, qu'appelle-t-on visites, (un visiteur au parking est-il identique à un randonneur ou un visiteur en refuge ?), quelles seront les unités de comptage (par exemple véhicules ou passagers ?)
- Il faudra enfin s'accorder sur les moyens dans le temps, c'est-à-dire sur la définition d'une politique de mesure qui s'insère durablement dans la gestion de l'espace. C'est à ce stade que l'alternance " études lourdes-enquêtes légères " sera établie avec la définition des moyens correspondants (internes, externes, partenariats).
2.1.2 Sélectionner les prestataires
- Il est nécessaire de rappeler ici l'un des principes qui guide ce document: le but n'est pas de réali ser en interne ce type d'enquête, mais d'être capable de le piloter et d'évaluer les résultats obtenus par les sous-traitants chargés de la mise en oeuvre. IL s'agit donc d'abord de réaliser un Cahier des Charges.
- Ce cahier des charges servira de base à un appel d'offres. Celui-ci peut être sectoriel ou global, selon un arbitrage « budget interne-budget externe » propre à chaque espace (le budget le moins coûteux n'étant pas forcément celui que l'on croit).
- Le gestionnaire de l'espace protégé peut choisir de segmenter l'enquête et de répartir sa réalisation entre différents prestataires, chacun fortement positionné sur son pôle de compétence : enquêtes quantitatives, enquêtes qualitatives, traitement des données, logistique, analyse, communication des résultats. Il en est alors le coordinateur et en assure la maîtrise d'oeuvre. Cette option favorise l'accumulation d'expérience et la maîtrise du développement par le gestionnaire. Elle demande en revanche une disponibilité et des compétences internes accrues. Dans cette hypothèse, il est également souhaitable de s'assurer de la pérennité des ressources internes (dans l'étude inter-parcs 1996, un des Parcs nationaux avait confié le suivi de l'étude à un stagiaire présent pendant toute la durée de l'étude: le savoir-faire acquis a été perdu à la fin de son contrat). Cette option impose de s'assurer qu'à l'issue de l'étude, la totalité des données brutes seront transmises au gestionnaire de l'espace.
- Il peut également en déléguer la totalité à un maître d'oeuvre qui coordonnera les différentes compétences pour son compte. Cette option est la plus simple à mettre en oeuvre. Elle accentue cependant la dépendance du gestionnaire d'espace envers le prestataire, puisqu'elle ne lui permet qu'indirectement de contrôler la méthode employée et les résultats obtenus. Elle vulnérabilise également le suivi des études dans la durée, en particulier dans le cas d'application de méthodes par trop spécifiques.
- Le choix entre ces options restera de la responsabilité du gestionnaire. On peut simplement remarquer ici qu'il vaut mieux avoir recours à des compétences confirmées sur des méthodes « passe-partout », plutôt que sur des méthodes et des concepts très particuliers qui seront difficilement compatibles avec celles de futurs partenaires.
2.1.3 Construire le questionnaire
- Monter un questionnaire ne s'improvise pas : c'est affaire de métier, et il est préférable de s'adresser à un professionnel et il s'agit ici de comprendre la méthodologie pour piloter efficacement le prestataire. Cette phase de l'étape préalable requerra de nombreux allers et retours, dont le nombre sera proportionnel au nombre de partenaires autour de l'étude. Ces allers et retours sont nécessaires: il faut concevoir le questionnaire, non seulement de façon optimale pour l'étude en cours, mais égaIement dans la perspective d'études futures. Ne pas oublier que la rédaction du questionnaire représente «l'instrumentalisation des hypothèses».
- Ce questionnaire devra être évalué sous 3 angles :
- Au plan technique : s'assurer que les questions se complètent et se croisent, vérifier l'alternance des réponses positives et négatives, des formulations et des types de questions (êtes-vous tout à fait d'accord, assez d'accord, assez peu d'accord, pas du tout d'accord avec les propositions suivantes, ... parmi les propositions suivantes avec lesquelles vous sentez vous le plus proche), vérifier que les questions ouvertes ne sont pas trop nombreuses, qu'elles sont toutes nécessaires et qu'elles seront toutes exploitables, D'une façon générale, il est prudent de briser régulièrement le rythme de questionnement pour éviter la monotonie qui induit des réponses automatiques. Il est bon de se rappeler qu'on n'aura de réponse qu'aux questions qu'on aura posées et que ces réponses doivent construire un faisceau de preuves.
Il importe ici d'avoir à l'esprit les principaux biais de formulation des questions (cf. tableau ci-dessous).
LES PRINCIPAUX BIAIS DE FORMULATION DES QUESTIONS • Utilisation de termes peu familiers ou techniques Exemple : « Pensez-vous que le radio-tracking ait une influence durable sur l'éthologie du chamois ? » • Utilisation de termes vagues, imprécis, ambigus Définir le sens précis des termes employés. Exemple: « Que pensez-vous du balisage de la zone ? » • Formulation de questions trop longues Exemple: « Pensez-vous souhaitable que les accompagnateurs en montagne soient des professions indépendantes comme par exemple les guides de haute montagne avec un bureau dans la vallée à l'intérieur des Offices de Tourisme ou qu'ils soient salariés du Parc comme les gardes du Parc ? » • Structure de la question trop complexe Double négation, deux questions en une: « souhaitez-vous des toilettes sur les parkings ou sur les sentiers ? » • Réponse biaisée systématiquement ou induite Exemple: « Pensez-vous que ce serait très dommageable ou dommageable, pour votre séjour, si les gestionnaires de l'espace protégé décidaient unilatéralement des sentiers qui seraient interdits au public ? » |
Source : adapté de Y. EVRARD, B. PRAS, E. ROUX en collab. avec J.-M. CHOFFRAY, A.-M. DUSSAIX, " MARKET: Etudes et recherches en marketing ", Nathan, Paris, 1993.
- Au plan pratique : le questionnaire est-il compréhensible? quels malentendus peut-il induire ? Ne pas oublier que l'on s'adresse à des segments de population très différenciés qui peuvent interpréter une question de façon variable. De même, les questionnaires seront administrés par des personnels souvent peu formés, dans des contextes différents: il est généralement utile de multiplier les relectures par des observateurs non impliqués dans l'étude, y compris par des regards candides. Il est ainsi d'usage de procéder à des « enquêtes à blanc» ou « pré-tests » avant diffusion du questionnaire finalisé, ne serait-ce que pour en minuter le temps de réponse (généralement sous-estimé tant que l'on n'est pas sur le terrain). Au delà de 10 minutes, l'attention portée au questionnaire baisse et la qualité des réponses s'en ressent.
- Pour limiter les erreurs et les baisses d'attention, certaines règles dans l'organisation du questionnaire sont à respecter :
- La progressivité des questions : il s'agit de commencer le questionnaire en posant des questions générales (relativement neutres et faciles) et de centrer progressivement l'interrogation sur des questions plus précises et plus difficiles. Cette progressivité permet à la personne interrogée de se familiariser avec le format du questionnaire ainsi que de l'amener à réfléchir sur le sujet de l'enquête.
- Le plan de questionnaire : le questionnaire doit être bâti à partir d'un plan composé de thèmes à aborder et de questions s'inscrivant à l'intérieur de ces thèmes.
- L'introduction de questions filtres : elles permettent de segmenter l'échantillon en posant certaines questions à une partie de l'échantillon concerné par le sujet. Il est cependant souhaitable d'y avoir modérément recours de façon à ne pas transformer le questionnaire en un « labyrinthe» difficile à gérer pour les enquêteurs et pour l'analyse.
- Au plan de la compatibilité : le questionnaire doit être analysé en fonction des résultats recherchés pour l'étude en cours, mais également dans la perspective de la continuité : quelles questions seront récurrentes, quelles sont celles qui pourront être supprimées ou remplacées pour élargir ou réorienter le champ d'exploration, quelles sont celles qui devront être adaptées pour tenir compte de l'évolution du contexte et de l'environnement ? Dans la conception de questionnaires successifs, il est d'usage de maintenir les questions récurrentes à la même place pour limiter les effets parasites (par exemple, maintenir une question à coloration positive entre deux négatives).
Etudier pour décider
1.2.1 L'étude s'inscrit dans une logique vérifier-décrire-explorer
- Les objectifs de l'étude peuvent être uniques ou multiples, mais doivent être précis. Ils doivent, en tout état de cause, aider à « maîtriser» le phénomène observé (ici la fréquentation) et aider à la décision. L'étude devra donc permettre de conclure à partir d'hypothèses et pas seulement se satisfaire d'observations cumulatives.
- Ces conclusions enrichissent le champ initial qui s'élargit ainsi d'une étude à l'autre: le paradoxe de l'étude est ainsi d'ouvrir le nombre d'hypothèses en même temps qu'elle répond à des questions posées.
1.2.2 Un processus orienté vers la décision
Tôt ou tard, la question de l'utilité de l'étude de fréquentation sera posée: à quoi sert-elle et les fonds investis dans ces recherches ne seraient-ils pas mieux utilisés sur d'autres missions de l'Espace. La compréhension de la fréquentation doit être orientée vers l'action que ce soit par l'espace lui-même ou par ses partenaires, et ne pas seulement nourrir la réflexion. L'expérience de l'étude interparcs 1996 illustre 3 domaines d'action possibles à partir d'une étude de fréquentation. Ils peuvent servir de base pour déterminer les objectifs d'autres études (objectifs prioritaires, objectifs secondaires) :
- La gestion du territoire : anticipation et gestion de l'impact de la fréquentation sur le milieu, gestion, répartition, programmation et développement des équipements (signalétique sur les sentiers, équipements d'accueil aux portes de l'espace, gestion des parkings et des voies d'accès), équilibres et développement différenciés entre les sites. Par exemple, l'étude des comportements sur un des sites majeurs du Parc national des Ecrins a permis de comprendre que la saturation des parkings n'était pas dûe à leur dimensionnement mais aux comportements des visiteurs. Ceci a apporté une réponse à la demande pressante des communes voisines réclamant des parkings plus importants.
- La gestion de l'institution : évolution de ses besoins (matériels, humains, organisationnels, logistiques), formation, programmation de son développement (plan de gestion), partenariats et échanges financiers, délimitation du champ de responsabilité du gestionnaire de l'espace, renforcement de son identité au plan local ou plus large. ~étude de 1996 sur les Parcs nationaux de la Vanoise, des Ecrins et des Pyrénées a montré, par exemple, que si le territoire « parc» était reconnu, l'institution « Parc» était pour sa part méconnue.
- Les liens de l'institution avec son environnement : répartition des rôles avec les partenaires socioéconomiques et institutionnels (Office national des Forêts, Direction Départementale de l'Agriculture et de la Forêt, Direction Départementale de l'Equipement), les collectivités territoriales, les liens avec d'autres espaces protégés. On pourra aussi utiliser l'étude de fréquentation pour mesurer l'incidence de ruptures dans les équilibres locaux (implantation industrielle, infrastructures de transport par exemple).
Le processus d'étude se déroule en plusieurs phases :
- La conception de l'étude (voir fiche 1.3) : C'est dans cette phase, essentiellement interne, que seront explorées les questions qui précèdent. Quelle sera l'utilité de l'enquête pour quels enjeux, sa place dans le plan de gestion, la pérennité à laquelle on s'engage ? Quelles sont les hypothèses fondatrices, ce que l'on sait, ce que l'on veut vérifier, ce que l'on veut explorer, ce qu'on en fera ? L:analyse du contexte et la prise en compte de l'environnement institutionnel et socio-économique ont ici leur importance : quels sont les partenariats possibles, quelles seraient les ruptures éventuelles ? Par exemple, un bouleversement du contexte local ou régional risque de briser la chaîne de continuité entre les différentes études et toutes les données ultérieures ne pourront pas être rapprochées de celles de l'enquête initiale. 1 Cette phase de conception doit aboutir à l'élaboration du cahier des charges, à la sélection des partenaires (maîtres d'ouvrage et maîtres d'oeuvre), aux choix méthodologiques.
- La préparation logistique (voir fiche 2.2) : Il ne faut pas sous-estimer le poids d'une telle étude pour le gestionnaire de l'espace: même en cas de sous-traitance à des sociétés spécialisées, son implication sera forte que ce soit au plan financier, humain, matériel et en temps passé. La planification attentive des besoins d'organisation est essentielle pour le bon déroulement de l'étude ... et pour l'acceptabilité de ses résultats.
- Le recueil des données : C'est la phase terrain proprement dite, avec la mise en oeuvre des outils méthodologiques, la logistique, les moyens financiers, matériels et humains.
Pour que cette étape se déroule de façon optimale, de nombreux aspects de l'enquête doivent avoir été envisagés préalablement à sa mise en oeuvre effective. Des questions aussi simples que la gestion des enquêteurs en cas de conditions climatiques très défavorables obligeant à l'interruption du travail (report du jour d'enquête: où, quand, etc.) ou encore la formation qu'auront suivie les enquêteurs (si l'on a recours à un personnel non professionnel) seront à cet égard déterminantes. Elles doivent être préparées de manière à savoir parer au maximum d'imprévus et réagir aux mêmes situations de façon identique. Il est donc souhaitable d'organiser un « briefing» (c'est-à-dire l'ensemble des instructions données aux enquêteurs). Cette phase permet d'améliorer le travail de l'enquêteur et consiste à :
• déchiffrer le questionnaire ;
• attirer l'attention des enquêteurs sur les points difficiles ;
• imaginer les situations auxquelles risque d'être confronté l'enquêteur et à prévoir la façon d'y réagir.
Le recueil des données s'achève par le récolement des questionnaires : il s'agit ici de vérifier chaque questionnaire (les numéros, les dates, l'emplacement des croix) pour lever toute ambiguïté au moment de la saisie informatique. Cette relecture (assez longue et fastidieuse) peut se faire à la fin de l'enquête. Il est préférable, néanmoins, de l'effectuer au fur et à mesure, pour corriger en temps réel d'éventuels biais (questions mal posées, biais d'enquêteur, ... ) 2
- Le traitement et la définition des variables clé (voir fiche 2.2) : A partir du recueil des données, c'est l'ensemble du travail statistique, du calcul d'indicateurs synthétiques (ratios, groupes typologiques, etc.). Il importe ici de s'assurer d'abord de la représentativité des échantillons sur lesquels on travaille. Des seuils d'effectifs minimum par famille ou par profils, doivent être définis en fonction des univers analysés. Par ailleurs, une certaine constance dans le traitement est nécessaire pour ne pas réinventer de nouveaux ratios ou de nouvelles méthodes d'analyse à chaque étude, en particulier dans le cas où le prestataire sous-traitant change d'une étude à l'autre. Cette étape se déroulera d'autant mieux qu'elle aura été convenablement préparée: identification des variables et des modalités qu'elles peuvent prendre, précodage du questionnaire, établissement d'un bordereau de dépouillement en prévision de la saisie informatique. Cette préparation sera confiée à un organisme extérieur mais il importe de l'avoir à l'esprit: le gestionnaire peut ressentir le besoin de « retourner» aux données quelque temps après l'intervention de cet organisme. Il lui importera alors de savoir comment le questionnaire a été codé, ne serait-ce que pour pouvoir lire les données.
- L'analyse et l'interprétation des résultats (voir fiche 2.4) : Cette étape est capitale: il s'agit de tirer de l'enquête sa vraie substance. Dans un premier temps, il importe de partir des résultats bruts. On procède donc d'abord à une mise à plat des résultats. Les erreurs ou les limites sont détectées. On peut confronter les observations et les mesures de l'expérience des gens de terrain, en particulier pour les sites où les observations sont faibles ou sujettes à caution.
Ce rapprochement des statistiques avec l'expérience est important pour plusieurs raisons: il permet de garder le lien avec la réalité (il s'agit d'expliquer le réel et non de construire une abstraction), il rend possible la pondération des observations et la mise en évidence des éventuelles anomalies. Il permet enfin d'associer le personnel de l'Espace à une étude qui engage directement.
Finalement, on rapproche les résultats de ceux des enquêtes précédentes, on actualise voire pondère les ratios, on prolonge et interprète les tendances.
Il importe ici de ne « faire dire » aux données que ce qu'elles « disent » effectivement. En d'autres termes, il faut être prudent dans l'analyse des chiffres. Un pourcentage par exemple peut parfois cacher une base quantitative très faible et donc être d'une fiabilité finalement médiocre.
Plus que les tableaux de données parfois peu lisibles et souvent indigestes, on privilégiera les représentations graphiques qui facilitent l'analyse (voir pg 2.4.2.3): on utilisera la représentation cartographique autant pour l'analyse que pour la restitution des résultats: elle donne une vision claire du territoire et de ses enjeux. Elle permet de visualiser à la fois les données géographiques du territoire, les éléments propres à chaque site et les différents flux selon leur nature.
- La restitution (voir fiche 2.5) : elle doit être prévue très en amont : qui seront les publics destinataires des résultats, pour quels usages et sous quelles formes ? Ces formes seront variables selon que la restitution s'adresse au personnel scientifique, aux gestionnaires, aux partenaires de l'espace ou au grand public (journalistes). Il ne faut pas sous-estimer le poids, en particulier budgétaire, de la restitution des résultats: mieux vaut peu de résultats correctement restitués et donc utilisables (des idées fortes qui aideront l'action), qu'une pléthore d'informations qui restent finalement dans les dossiers.
Cette restitution devra être abondamment illustrée : des photos prises au cours de l'enquête (visiteurs, parkings, situations), des cartes, des graphiques et des schémas rendent vivantes et compréhensibles des statistiques qui peuvent être rébarbatives et finalement peu explicites. Pour faciliter le travail de stockage de l'information et de comparaison des résultats produits, la forme de la restitution devra avoir une certaine constance d'une étude à l'autre (cf. ci-dessus, la construction d'un référentiel commun).
- La prise de décision : les enseignements tirés de l'étude doivent au minimum être source de réflexion, devenir des éléments de dialogues, voire de débats, à la fois internes (orientations et applications) et externes (négociation et arbitrages). C'est de la compréhension que va naître l'action. Si les résultats de l'étude n'ont pas d'impact sur la connaissance globale chez le gestionnaire de l'espace, s'ils ne teintent pas dans la masse son organisation et sa réflexion, le principe même de l'étude de fréquentation pourra être remis en question
1 Sauf à vouloir mesurer l'incidence de ce bouleversement comme indiqué plus haut.
2 Exemple de question mal posée « quel a été le but de votre ballade, " (le répondant ne sait pas s'il s'agit de la destination finale, et dans ce cas comment vérifier ce qu'il comprend par destination, de ses motivations .. . ).
La conception de l'étude
4.2.1 Une étude inter-parcs
- L'approche inter-parcs a permis différentes démarches comparatives entre les données globales et les données plus spécifiques aux parcs, chaque parc assurant de son côté l'analyse « micro» (site par site). Elle a, par exemple, permis de révéler le peu de différences entre les parcs, les visiteurs ayant dans leur grande majorité des comportements et des attentes similaires, dûs notamment à une grande mixité dans les pratiques: on est d'abord un visiteur d'espaces protégés quels qu'ils soient avant d'être un adepte d'un espace particulier, même si cette pratique reste centrée sur un espace de prédilection.
4.2.2 Intégrer le « vivier de clientèle » des parcs
- La mise en commun des moyens a permis d'ouvrir notablement le champ de l'enquête: on a ainsi pu intégrer une étude des visiteurs potentiels au plan national.
- Cette analyse a permis de comparer et de rapprocher les profils et les intentions. Par exemple, si l'écart est important entre les intentions déclarées (oui je visiterai un parc national) et le passage effectif à l'acte, on a pu démontrer la grande similitude des profils comportementaux entre les visiteurs potentiels et les visiteurs réels: tous sont fortement centrés sur le respect et l'écoute de la nature, sur l'autonomie, sur l'effort détendu et convivial.
4.2.3 Enrichir le qualitatif : intégrer le socioculturel
- Cette même mise en commun a également permis d'élargir le champ des investigations aux données socioculturelles, susceptibles d'être des variables fortement explicatives des comportements de demain.
- Si les profils socioculturels sont relativement homogènes et montrent peu de différences, ces données ont notamment permis d'affiner l'estimation des risques d'impact sur le milieu dû aux comportements des visiteurs et de préciser les priorités en termes d'aménagement et de manifestation du gestionnaire de l'espace en tant qu'institution.
- La dimension socioculturelle de l'étude qualitative a fait porter le choix du cabinet sous-traitant sur la société Cofremca, disposant d'une bonne expérience dans ce domaine, qui a participé à la conception de l'étude, assuré le traitement et l'analyse de l'enquête sentier. Elle a en outre confié la réalisation et le traitement statistique de l'enquête nationale à sa filiale Démoscopie, spécialiste des enquêtes quantitatives.
4.2.4 Une limite : l'exclusion des visiteurs étrangers de l'étude qualitative
- Du fait de la taille de l'étude, les visiteurs étrangers ont été exclus de l'analyse qualitative. Leur intégration aurait en effet nécessité de prévoir différents questionnaires et le recours à un personnel polyglotte, ce qui n'était pas envisageable dans le contexte de l'étude. Les visiteurs étrangers ont par contre été intégrés à l'étude quantitative (décompte des véhicules sur les parkings et des visiteurs sur les sentiers).
Organisation et recueil des données
2.2.1 Le choix des dates et des horaires
- Les dates retenues pour la phase terrain devront rester identiques d'une étude à l'autre pour éviter d'introduire des biais saisonniers. A l'intérieur de la période retenue, on réalisera les observations à différents moments représentatifs de l'activité de l'espace: sous-activité, pics de fréquentation (saisonniers, hebdomadaires et journaliers). Quelle que soit l'option retenue par le gestionnaire de l'espace (cf fiche 2.1 § 2.1.2), il est indispensable de prévoir une équipe qui assurera le pilotage de la phase terrain. Cette équipe réduite devra à la fois se maintenir et se renouveler d'une étude à l'autre pour accumuler et diffuser l'expérience acquise (renouvellement par moitié ou par tiers).
- Le choix des tranches horaires devra tenir compte des impératifs législatifs (droit du travail) et de la distance entre les secteurs. De même, l'horaire sera défini de manière à capter la plus grande affluence possible: si l'on ne peut assurer la totalité de la couverture journalière, on pourra partir de l'hypothèse qu'à des arrivées précoces (non comptabilisées) correspondent des départs précoces (comptabilisés) et qu'à des arrivées tardives (comptabilisées) correspondent des départs tardifs (non comptabilisés).
2.2.2 Le choix des sites
- Les différents sites accessibles aux visiteurs seront recensés et évalués en fonction de l'impact de la fréquentation (certains sites sont très fréquentés mais avec peu de menaces sur les équilibres des biotopes, d'autres peuvent être peu fréquentés mais avec un milieu naturel particulièrement sensible).
- Chaque site pourra donner lieu à un comptage et/ou une enquête qualitative. Les sites seront répartis dans l'étude entre sites majeurs et sites mineurs (induisant des comptages et des mesures plus ou moins nombreux).

2.2.3 Les points d'enquête
- Il est important de choisir soigneusement les points et les horaires d'enquête. Les personnes interrogées doivent être disponibles pour n'engendrer qu'un minimum de refus: trop de refus introduiraient un biais difficile à évaluer. Il est ainsi préférable de situer l'enquête au retour d'une promenade plutôt qu'à l'aller.
- Ainsi sur les sentiers, les visiteurs sont moins disponibles mais, en revanche, ils sont plus isolés et les interviews sont plus aléatoires, ce qui accroît la rigueur des relevés. Il faudra, dans cette hypothèse, favoriser des questionnaires courts (moins de 10 minutes).
- Sur les parkings, les visiteurs sont plus disponibles mais également plus difficiles à isoler: on privilégiera ici des questionnaires plus longs.
- On pourra remettre un petit cadeau, en guise de remerciement, à l'issue du questionnaire (surtout s'il a été long) : une carte postale, un sticker...
- L'emplacement des compteurs routiers dépendra à la fois des sites choisis pour l'étude et des données intrinsèques du trafic.
2.2.4 Le choix des équipes
- Deux options peuvent être mises en place pour l'organisation des relevés. Elles ont, toutes deux, été expérimentées au cours des 2 enquêtes de fréquentation dans les parcs nationaux :
- des enquêtes par vagues effectuées simultanément sur les différents sites à des jours déterminés. Cette méthode assure une grande homogénéité des mesures et un plus grand nombre de relevés pour chaque site. Elle impose cependant un plus grand nombre d'enquêteurs et une mobilisation plus lâche des enquêteurs et peut donc susciter une moins bonne motivation. De même, un trop grand nombre d'enquêteurs différents peut introduire une certaine hétérogénéité dans le recueil des données.
- la rotation d'une même équipe sur plusieurs secteurs à des jours différents. Cette option, moins coûteuse, permet une meilleure couverture de la zone avec davantage de secteurs analysés et moins de moyens mis en oeuvre et une mobilisation plus dense des enquêteurs avec une meilleure motivation. Son inconvénient est de ne pas assurer un contexte identique pour l'ensemble des sites observés et des observations moins nombreuses pour chaque site.
→ On choisira l'une ou l'autre méthode selon que l'on souhaite privilégier le nombre de relevés (pour les premières études par exemple) ou le nombre de sites observés (par exemple pour élargir le spectre des observations).
- Il peut être utile et bénéfique de faire participer les membres du personnel de l'Espace protégé à la phase terrain (participation volontaire à des relevés ou des compléments d'enquête, emploi saisonnier de membres de la famille, etc.) pour que l'étude fasse partie intégrante du vécu de l'institution et n'en soit pas un élément rapporté, en marge des missions scientifiques. De même, une plus grande participation interne à la réalisation de l'étude permet de bénéficier de l'expérience, des intuitions, des connaissances diffuses dans l'institution mais pas toujours exprimées ni formalisées. De manière générale, une forte implication du personnel de l'Espace protégé ne peut être qu'un plus.
- Pour le personnel de terrain, il sera sans doute nécessaire (y compris dans l'hypothèse d'enquêteurs repris d'une enquête sur l'autre) d'informer, sinon former, les personnels chargés des observations (objectifs de l'étude, méthodologie d'enquête, réponse aux objections, principes de rigueur statistique, remerciements etc.).
La préparation logistique
- Comme il a été précisé plus haut, cette étude a nécessité une préparation et une organisation logistiques importantes: 2760 visiteurs ont été interviewés (1 057 à la Vanoise, 715 aux Ecrins, 990 dans les Pyrénées).
- Contrairement aux enquêtes précédentes, le choix a été fait d'organiser le recueil d'informations par équipes tournantes (en général 3 équipes de 2 enquêteurs plus un compteur, avec un coordinateur ou coordinatrice par parc). Ce choix a été motivé par le fait que, dans l'ensemble, on disposait déjà de résultats quantitatifs fiables, et que cette méthode permettait de maximiser la couverture géographique de l'enquête.
- Les parcs ont assuré la sélection des sites, des sentiers et des points de comptage, essentiellement à partir des expériences accumulées précédemment. Ils ont assuré le recrutement et la formation des enquêteurs (avec l'assistance du cabinet sélectionné).
- Le budget interne par parc a été relativement important. Les postes budgétaires cités ci-après ne constituent qu'une photo pour une année n et ne tiennent pas compte d'une vision budgétaire plus dynamique répartie sur plusieurs années.
- De fait, le dispositif d'enquête, assez lourd, a souvent demandé, en plus des personnels recrutés pour l'occasion, d'avoir recours à des agents des secteurs et de la Direction pour compléter les comptages sur les sentiers et les parkings.
- Ainsi, le budget interne global par parc fut de l'ordre de 170000 F H.T. en coût direct auxquels il aurait fallu ajouter 120 à 200 000 F qui représentent le coût de 14 à 18 compteurs routiers ainsi que la sortie des données associées. Ce coût additionnel a été évité par le partenariat mis en place entre les DDE et les Parcs nationaux.
NATURE DE LA DEPENSE INTERNE | NATURE DE LA DEPENSE EXTERNE |
| PRE-PRODUCTION | PRE-PRODUCTION |
| réflexion préalable | interviews internes dans l'Etablissement Public. |
| élaboration du cahier des charges | réunions de préparation - dimensionnement du projet |
| appel d'offres | élaboration du questionnaire et codage |
| sélection des prestataires | enquêtes à blanc (test) |
| élaboration du questionnaire | traduction du questionnaire édition du questionnaire |
| PRODUCTION | PRODUCTION |
| Coordinateur avant-pendant et après l'enquête | formation et briefing enquêteurs |
| Enquêteurs pendant la durée de l'enquête (+ briefing) | accompagnements sur le terrain |
| Frais de repas et panier | relecture des questionnaires |
| Mise à disposition véhicules | saisie des questionnaires |
| Carburant | traitement informatique |
| Fournitures administratives | analyse tris à plat |
| Réunions et frais divers | analyse tris croisés |
| Matériels | analyses complémentaires (AFC, typologies) |
| Achat de compteurs routiers (années n, n+ 1, n+2 " .)6 | présentations intermédiaires et vérification des incohérences |
| Coffres pour compteurs routiers7 | finalisation des résultats |
| maintenance des compteurs | fourniture des rapports d'analyse et des tris organisés |
| Matériels divers : cadeaux aux interviewés | fourniture des fichiers informatiques (données brutes + tableaux) |
| Prestations gratuites | |
| assistance et accompagnement par des personnels de l'Etablissement Public | |
| partenariats DDE, communes |
| POST-PRODUCTION | POST-PRODUCTION |
| participation aux analyses (temps passé + logiciels) | participation éventuelle aux restitutions internes et externes |
| traitement interne (temps passé) | documents de communication (dossiers de presse, brochures...) |
| stockage des données | |
| restitutions internes et externes | |
| communication et édition | |
| total : environ 170 000 F en coûts directs | total : 400 000 F soit 133 000 F par Parc national |
Le traitement
2.3.1 Etablir des tableaux de résultats
- Le premier traitement est la plupart du temps mené par l'organisme chargé de l'étude. Mais il peut s'avérer utile pour le gestionnaire d'avoir à l'esprit les formes de traitement possibles, ne serait-ce qu'en raison de la possibilité qui lui est laissée de compléter les traitements en fonction de besoins qui lui sont propres.
2.3.1.1 Elaborer le plan de tri
- Ce plan est également de la responsabilité de l'organisme chargé du traitement. Il peut être utile de l'élaborer en commun. Il précise les différents tris souhaités en 2 ou 3 vagues: on commence en général par les tris à plat puis on élabore des tris croisés à commencer par les plus simples (par exemple les tranches d'âge ou les CSP avec les pratiques ou les attentes). On pourra affiner les tris au fur et à mesure des différentes vagues. Il importe de ne pas se perdre dans un nombre trop important de tris: ne traiter que les tris les plus significatifs, ceux qui parlent à l'intuition, ceux qui décrivent des grandes masses en gardant à l'esprit une taille de population résiduelles (quelle sera l'utilité d'un tri qui définit des sous-populations marginales ?)
2.3.1.2 A partir des tris " à plat "
- Le premier traitement doit s'effectuer à partir des données brutes. L'idéal en la matière semble être le report systématique des résultats bruts (en pourcentage et en effectif) à même le questionnaire. L'intérêt est évident: une visualisation immédiate de l'essentiel des données. Ce type de traitement permet bien souvent de détecter les résultats incongrus qu'il faudra " éliminer" ou en tous cas analyser à part.
- Il est par ailleurs toujours " agréable" de pouvoir visualiser les données. On n'hésitera pas à avoir recours aux schémas (histogrammes, graphiques à secteurs, courbes, etc.). Ces graphiques devront toujours être accompagnés d'une légende. Dans chaque cas, les bases numériques et la population de référence devront systématiquement être rappelées.
2.3.1.3 A partir des tris croisés 
- Le recours aux tris croisés (croisement d'une variable par une autre) fait également partie des « incontournables ". Il faut veiller à ne croiser que ce qui présente un sens et en tout état de cause ne pas croiser à outrance mais au contraire sélectionner a priori les tris pertinents pour l'analyse.
2.3.1.4 Veiller à travailler sur des chiffres significatifs
- Quels que soient les tris réalisés, il est indispensable de veiller à obtenir une population de référence qui soit suffisante pour obtenir des sous-populations dont le nombre reste significatif. Par exemple, si l'on doit obtenir 4 sous-populations numériquement équivalentes, la population de départ doit être au moins de 200 personnes pour obtenir in fine des sous-populations de 50 personnes (50 étant un minimum).
- De même, on veillera à respecter les intervalles de confiance et les écarts significatifs entre pourcentages (selon abaque statistique).
- L'intervalle de confiance détermine la précision d'un pourcentage en fonction de la taille de l'échantillon. Par exemple pour une précision à 95.45% près, pour un échantillon de 200 personnes, si un résultat porte sur 20% des personnes interrogées, l'intervalle de confiance déterminé par l'abaque est de 5.7%, ce qui veut dire que, pour être correctement interprété, le résultat est, en fait, compris entre 14.3% et 25.7%.
- L'écart significatif entre pourcentages, selon une abaque stastique, permet de comparer des résultats obtenus sur des échantillons de taille différentes. Exemple de question: 75% des visiteurs du site A, dont l'échantillon interrogé est de 200 personnes, considèrent que les parkings peuvent être payants, contre 65% des visiteurs du site B dont l'échantillon est de 300 personnes. L'écart entre les deux sites (10%) est-il significatif ? L'abaque montre que l'écart significatif minimum est de 8% : la réponse est donc positive.
2.3.2 Les méthodes descriptives
- Une fois établis les tableaux de résultats, il peut dans certains cas s'avérer intéressant d'avoir recours à des méthodes dites « descriptives » . Il s'agit principalement pour la présente étude de l'analyse factorielle et de la typologie.
- L'analyse factorielle consiste à résumer l'information contenue dans un tableau de chiffres individus/ variables, en remplaçant les variables initiales par un nombre plus petit de variables composites ou facteurs. Par exemple, supposons que 40 variables d'attitude ont été mesurées sur 800 visiteurs. Faut-il vraiment garder les 32 000 valeurs obtenues ou n'est-il pas possible de résumer toute cette information par une, deux ou trois variables de synthèse? Ce résumé des données initiales (sous forme de mappings) peut alors être utilisé pour faciliter une interprétation portant sur un nombre plus restreint de variables. La présentation graphique facilite souvent l'analyse par déduction du contenu des axes structurants.
- La typologie part du problème suivant: étant donné un ensemble d'individus décrits par un certain nombre de caractéristiques (variables), constituer des groupes (types) d'individus tels que les individus soient les plus similaires possibles au sein d'un groupe et que les groupes soient aussi dissemblables possibles; la ressemblance ou la dissemblance étant mesurée sur l'ensemble des variables décrivant les individus.
Dans les deux cas, le recours à un logiciel adapté est nécessaire.
2.3.3 Calcul des ratios
- Un certain nombre de ratios, définis au préalable, devront être calculés. Il s'agit par exemple de ratios voitures/visiteurs, visiteurs/randonneurs. En tout état de cause, il importe de normer ce calcul c'està- dire, en d'autres termes, de reconduire d'une enquête sur l'autre le calcul de ces ratios, quitte à en ajouter d'autres, jugés désormais pertinents. Voir p 40 les calculs de ratio utilisés dans l'enquête 1996 par les Parcs nationaux des Ecrins, de la Vanoise et des Pyrénées. Le choix des ratios est directement lié aux objectifs de l'étude et aux résultats attendus, il représente une forme d'exploitation de l'enquête prévue dès l'élaboration du cahier des charges de celle-ci.
- Deux exemples de calcul de ration
- calcul 1: nombre de visiteurs sur un site
On appellera visiteur la personne accédant au site en voiture.
D est la durée (jour, semaine, mois, saison, année) pour laquelle l'estimation est recherchée. Du fait des décalages entre le moment du comptage et l'arrivée sur le site, D ne peut être inférieur à la journée (sauf si ce décalage est connu et faible).
T est le trafic routier pendant le temps D sur l'itinérarire accédant au site (en général les données fournies par les compteurs routiers totalisent le trafic dans les deux sens).
P est le nombre moyen de passagers par véhicules (obtenu par sondage sur les véhicules accédant au site).
V est le nombre de personnes ayant visité un site pendant le temps D.
| V/D (visiteurs par unité de temps) = P x T/2 |
- calcul 2 : nombre de randonneurs ou promeneurs sur un site
On appellera randonneur toute personne visitant un site naturel et s'éloignant de son véhicule d'au moins un quart d'heure de marche.
D et T tels que définis dans l'exemple de calcul 1
T est le trafic routier pendant le temps D sur l'itinéraire accédant au site (en général les données fournies par les compteurs routiers totalisent le trafic dans les deux sens).
R est le nombre de randonneurs (ou promeneurs) ayant fréquenté le site pendant le temps D
d est la durée du comptage sur le sentier
r est le nombre de randonneurs comptés sur le sentier pendant le temps d, dans les deux sens (aller et retour)
t est le trafic routier enregistré pendant le temps d (dans les deux sens) sur la route d'accès au site
n est le nombre de comptages effectués sur le sentier
Q est le rapport calculé entre le trafic pédestre (r) et le trafic routier (t) : Q=r/t
Qn est le rapport rit calculé pour le comptage n
R/D (nombre de randonneurs par unité de temps) est le rapport Q moyen multiplié par le trafic
| R/D = [(∑:Qn)/n] x T |
2.3.4 La comparaison avec les enquêtes antérieures
- Il est évidemment fondamental de suivre les évolutions d'une enquête à l'autre, ne serait-ce que pour construire ensuite des courbes permettant des projections dans le futur. L'utilisation des séries chronologiques peut s'avérer ici très utile. Il nécessite d'avoir recours à un statisticien.
- Plus simplement, on devra établir des tableaux et schémas de comparaison sur certaines variables clé.
- Dans les deux cas, il y a nécessité d'une stabilité des approches pour que les rapprochements et comparaisons soient possibles et fiables statistiquement (systèmes de comptages, sites étudiés, formes des questions, etc.).
2.3.5 Principes de différenciation
- Les relevés quotidiens des passages routiers forment des séries de données chronologiques représentatives de la période estivale.
- Pour tirer les renseignements majeurs contenus dans ces données et pouvoir comparer différentes séries (d'un lieu à un autre, d'une enquête à un autre), on peut procéder :
- à un lissage des données afin de dégager l'allure générale de la fréquentation (élimination partielle des fluctuations mineures) par la méthode des moyennes mobiles ;
- à une « mesure » de l'orientation et des fluctuations des grandes tendances de la fréquentation estivale - croissance, décroissance (ajustement des fonctions par la méthode des moindres carrés).
- Lors de la réalisation d'interprétation de synthèses d'enquêtes réalisées sur plusieurs sites, les données sur la fréquentation relative de chacun permet de pondérer les enquêtes.
- Par exemple : supposons trois sites
| site n° 1 | 2 000 visiteurs = v1 | 50 enquêtes effectuées = n1 |
| site n° 2 | 1 000 visiteu rs = v2 | 50 enquêtes effectuées = n2 |
| site n° 3 | 500 visiteurs = v3 | 25 enquêtes effectuées = n3 |
Les coefficients de correction à affecter aux différents résultats pour qu'ils soient significatifs sont :
| site n° 1 | c1 = 1 |
| site n° 2 | c2 = v2/v1 x n2/n1 = 0.5 |
| site n° 3 | c3 = v3/v1 x n3/n1 = 0.5 |
Les résultats des enquêtes sur les sites n02 et n03 devront compter pour moitié par rapport aux enquêtes effectuées sur le site n01. Une autre façon de prendre en compte l'intensité de la fréquentation sur les résultats des questionnaires est d'adapter le nombre de questionnaires fait sur un site à sa fréquentation relative (pour 100 Q en site n° 1 il faut faire 50 Q au site n02 et 25 Q au site n03), Ceci suppose de connaître a priori la fréquentation des sites.
2.3.6 Des questions importantes à résoudre
- Lors du traitement des comptages, le gestionnaire doit avoir à l'esprit qu'il aura à répondre à un certain nombre de questions parmi lesquelles :
- Comment estimer la fréquentation sur les sentiers sans comptage ?
- Comment réduire l'écart entre les sentiers comptés et les sentiers estimés (fiabilité des estimations) ?
- Comment répartir les flux au delà des points de comptage ?
- Comment projeter les données (volume, tendances, pics) ?
- Comment intégrer les données externes (statistiques du tourisme, SNCF, comptages autoroutiers, DDE) ?
- Certaines questions auront déjà reçu des réponses dans les enquêtes précédentes. Il est important de ne pas réinventer des ratios ou des méthodes à chaque enquête (si le travail a déjà été réalisé avec succès auparavant), sous peine de perdre en continuité.
- On peut peaufiner l'outil mais ne pas le bouleverser (sauf changement d'environnement majeur).
- Enfin, le gestionnaire doit avoir une attitude prudente dans son analyse des données (celle-ci pouvant avoir des effets important sur les décisions) et de manière générale :
- Eliminer des informations dont la validité est douteuse.
- Veiller lors des tris croisés à conserver des effectifs suffisants. • Utiliser des indicateurs différents pour valider certains résultats.
- Ne comparer que ce qui est strictement comparable.
Le recueil des données
4.4.1 Au plan quantitatif : les comptages
| Les Ecrins | La Vanoise | Les Pyrénées | |
| Compteurs routiers comptage heure par heure, 24h/24 | 22 | 14 | 17 |
| Choix des dates | du 14 Juillet au 18 Août | du 1er Juillet au 31 Août | du 1er Juillet au 31 Août |
| Choix des sites | 16 sites (8 mineurs, 8 majeur | 22 sites avec prise en compte des principaux accès (GR55) | 15 sites |
| Comptages parkings | relevés heure par heure | 1 seule fois par jour aux moments de pointe (14-15h) | 1 seule fois par jour aux moments de pointe (14-15h) |
| Comptages sentiers | 3 sur sites mineurs 5 sur sites majeurs, entre 10h et 17h | 10 comptages par site entre 8h et 18 h | 5 comptages par site entre 9h et 19 h |
- Note sur le choix des dates
- Les dates prévues pour l'enquête ont permis d'identifier les jours de pointe au niveau local (jours fériés et week-ends), les pointes au niveau national (grands départs), en alternance avec des souspériodes plus creuses et en tenant compte de facteurs externes (passage du Tour de France dans les Alpes).
- Note sur le choix des sites
- Le choix des sites a reposé sur les critères suivants :
- représentation significative de tous les secteurs ;
- existence d'un compteur routier sur l'itinéraire d'accès (dans la majorité des cas) ;
- des sites incontournables (déjà étudiés en 1991) ;
- des sites jamais enquêtés mais considérés comme intéressants.
- Note sur les comptages parkings
- Ils ont été menés en même temps que les comptages sentiers sur les mêmes sites.
- Ils ont été effectués le plus souvent par les agents des Parcs.
-La méthodologie utilisée par les Parcs nationaux de la Vanoise et des Pyrénées semble la plus légère et la plus adaptée. On pourra éventuellement la remplacer par une méthode alternative à partir de comptages routiers si la configuration des lieux le permet (voir "les enseignements pour de futures enquêtes" ).
- Note sur les comptages sentiers
- Il est important de respecter la proportionnalité entre les sites: comptages et enquêtes doivent respecter le poids de l'itinéraire sur l'ensemble de l'espace protégé. En l'absence de données (elles seront déterminées par la première enquête), il convient de faire des hypothèses.
- De même, il n'est pas nécessaire de viser à l'exhaustivité : il est plus adapté de chercher à représenter la diversité des sites.
- Un rythme de 10 comptages par site semble être un optimum. En deçà, le nombre de comptages ne permet pas d'établir des séries chronologiques satisfaisantes. Avec 10 comptages, il a été possible pour le Parc national de la Vanoise, de tenir compte de la diversité des situations pour un même site. Le fait remarquable a été que l'ensemble des observations a reporté un ratio r stable (voir "L'Analyse : Les rations de corrélations") quelles que soient les circonstances: il est clairement un ratio r spécifique à chaque site.
- Il est prudent d'étaler les comptages sur la plage horaire la plus large possible et commençant le plus tôt possible (en montagne, les départs sont souvent matinaux) : 8h-18h semble être assez proche de l'optimum
- Les comptages sentiers ont été mis en place à environ 15 minutes de marche du parking, de préférence à une bifurcation (prise en compte du détail des itinéraires).
- Les montées et descentes ont été différenciées.
→ Notons que par souci de cohérence, les parcs se sont accordés sur la méthodologie suivante : la fréquentation du Parc national a été mesurée en prenant en compte les personnes marchant sur les sentiers, avec comme unité de base pour la mesure, la visite, c'est-à-dire la présence en zone centrale d'un individu un jour donné.
La somme des visites et leurs extrapolations sur l'ensemble de la saison a ainsi défini « la charge touristique » estivale du sentier ou encore le nombre de personnes ayant, sur l'été, foulé un secteur donné du Parc national.
4.4.2 Au plan qualitatif 8 : les questionnaires
- L'enquête nationale
L'échantillon
Il a été constitué de 1 000 personnes représentatives de la population âgée de 15 ans et + (méthode des quotas). Les interviews ont été réalisées au téléphone entre le 20 et le 31 juillet 1996 (omnibus).
Les critères de choix de la période :
- se situer en amont des vacances pour éviter la pollution des réponses par des souvenirs récents (privilégier le sentiment général dans les questions abordées, minimiser le filtre" stations») ;
- se situer au plus près des vacances pour maximiser l'intérêt porté aux questions posées ;
- se situer au plus près des dates d'enquête pour éviter d'éventuels effets de circonstance qui auraient pu gêner le rapprochement entre enquêtes sentiers et enquête nationale.
Le questionnaire (cf. annexe 1)
- 17 questions dont 12 relatives aux parcs nationaux et 5 concernant le socioculturel;
- questions communes au questionnaire sentier : 7 questions « attitudes» et 20 items socio-culturels (sur 29) (questions socioculturelles moins nombreuses)
- objectif : faciliter les rapprochements et les analyses entre les visiteurs réels et les visiteurs potentiels.
- L'enquête sur sentiers
L'échantillonnage
Les enquêteurs se sont placés au départ des sentiers, de préférence sur un axe commun à plusieurs destinations.
Ils ont interrogé un visiteur par groupe de retour d'une promenade. A chaque fois, ils sélectionnaient le 1er groupe à passer devant un repère fixe après la fin de l'interview précédent.
Sur chaque site, 50 questionnaires étaient prévus au minimum.
Le questionnaire (cf. annexe 2)
Plusieurs des questions des enquêtes de 1992 (Ecrins et Pyrénées) ont été assemblées et reprises dans le questionnaire commun.
Il comportait :
- une partie en face à face (administrée par l'enquêteur), une partie socio-culturelle auto-administrée (l'enquêté répond directement au questionnaire qu'il lit),
- 42 questions (pour la partie comportementale),
- 5 questions d'identification,
- 7 questions de pratique touristique (hébergement fréquence de séjour, mixité des parcs),
- 15 questions sur les pratiques de randonnée (destination, difficulté),
- 15 questions sur la perception du Parc national (missions, réglementation),
- 5 questions socioculturelles (50 items).
8 L'appellation "qualitative" repose sur le type d'information recuellie et non sur la méthode de recueil de l'information: une méthodologie qualitative, de ce point de vue, serait davantage de l'ordre de l'exploration en profondeur par interviews individuelles, réunions de groupes etc.
L'analyse
4.5.1 Le traitement « à plat » et les tris croisés
- Lors de l'étude de 1996, c'est la Cofremca (organisme chargé de l'étude) et l'Institut Français de Démoscopie (société du Groupe Cofremca) qui ont procédé au recueil et à la saisie des données. Le traitement statistique (tris croisés, typologie, etc.) a été réalisé par la Cofremca. Cette dernière a ensuite rédigé un document rapportant l'analyse des résultats des deux enquêtes. Cette analyse était accompagnée d'axes de réflexions opérationnelles et ne portait (sauf exception) que sur des données transversales, communes à l'ensemble des parcs. Le rapport présentait en annexe les principaux tableaux et tris sur lesquels se fondait l'analyse.
- Chaque parc pouvait, s'il le souhaitait, procéder à des analyses complémentaires à partir des tris à plat remis ou à partir de la disquette informatique comportant les différents tris.
4.5.2 Les ratios de corrélations
- Entre les accès et les parkings
Les comptages routiers étaient permanents et on disposait de comptages effectués sur les parkings.
D'où la possibilité de calculer le rapport existant entre le trafic routier et la charge du parking
Appliqué aux totaux mensuels de trafic routier, ce rapport permet d'obtenir l'encombrement des parkings (en supposant la stabilité du rapport).
Pour obtenir le nombre de visiteurs, il faut multiplier le nombre de véhicules par le nombre moyen de passagers par véhicule. Ce ratio a été de 3.1 pour le Parc national des Ecrins, de 3 pour le Parc national des Pyrénées. Il a été compris entre 2.2 et 2.7 pour le Parc national de la Vanoise selon l'importance du « bruit de fond » .
- Entre les accès et les sentiers
Il s'agit là d'établir un rapprochement entre le nombre de visiteurs et le nombre de randonneurs.
Le même principe que pour les parkings a été retenu: les comptages routiers étaient permanents et on disposait de 2 ou 3 comptages effectués sur les sentiers.
Pour les sentiers sur lesquels il n'y a pas de comptage, des estimations ont été faites, basées sur la connaissance des agents de terrain.
Il était alors possible de calculer le rapport existant entre le trafic routier et la fréquentation pédestre des sentiers.
Appliqué aux totaux mensuels de trafic routier, ce rapport permettait d'obtenir la fréquentation mensuelle des sentiers (en supposant la stabilité du rapport). A partir de ces résultats, on pouvait calculer la fréquentation totale sur toute la saison.
Ex : calcul de r qui est le ratio moyen trafic routier / flux pédestre obtenu les jours d'enquête. Ce ratio est stable dans le'temps, variable dans l'espace (selon les sites). Ce ratio devrait être réétalonné tous les 5 ans environ avec un système de suivi fiable (on pourra ultérieurement réduire de moitié le nombre de compteurs routiers).

Mi: nombre de montées au jour j (obtenu par le comptage sur sentiers)
Di: nombre de descentes au jour j (idem)
Ri: passages routiers au jour j (obtenu par le compteur routier)
R : passages routiers totaux (idem)
n : nombre de jours d'enquête
Fréquentation globale du sentier : S = R.r (R est à diviser par deux car montées + descentes). On pourra éventuellement pondérer en fonction des jours creux (semaine) et pleins (week-ends).
Une autre formule, plus simple, permet de tenir compte de la somme des observations entre les bornes horaires (ici 8h et 18h) : r est fixe pour chaque site, R est observé, S est déduit.

Si l'on recherche le nombre de visiteurs, il suffit de multiplier R/2 (trafic routier total) par le nombre de passagers dans le véhicule.

Notons que l'extrapolation des résultats peut également être calculée à partir d'une fréquentation moyenne sur les jours d'enquête (cf. enquête 1979). Les résultats sont a priori moins fiables (les jours d'enquête ne sont pas exactement représentatifs de l'ensemble des jours d'été, surestimation globale).
Un exemple de restitution comparatif entre sites dans les Ecrins
4.5.3 Les rapprochements typologiques
- Une analyse typologique a permis de constituer 5 groupes typologiques dans le « vivier» de visiteurs potentiels (enquête nationale) et 4 groupes typologiques pour l'enquête sur sentiers sur 3 axes (perception de la nature, activité, intérêt pour la nature).
| Groupes typologiques "visiteurs potentiels" | Groupes typologiques des randonneurs |
les acquis (17% de la population nationale) | les pédagogiques découvreurs (26% des randonneurs) |
| les occasionnels (22% de la population nationale) | les fidèles promeneurs (27% des randonneurs) |
| les distants (15% de la population nationale) | les jeunes sportifs (24% des randonneurs) |
| les réfractaires (27% de la population nationale) | les touristes peu motivés (23% des randonneurs) |
| les non concernés (19% de la population nationale) |
- Un traitement par analyse factorielle des correspondances a permis de rapprocher ces différents groupes des attentes, des pratiques, des profils socio-culturels et des perceptions des parcs concernés.
L'analyse
2.4.1 Explorer 2 types de variables: quantitatives, qualitatives
2.4.1.1 Quantitatives :
- Il est utile de rappeler ici que les données quantitatives sont la base, le socle de toute analyse ultérieure, même qualitative. Les comptages routiers en sont un élément déterminant puisque c'est une donnée quantitative exhaustive, permanente, précise et fiable (sauf accident).
- Objectifs des comptages routiers
- Evaluer les flux vers l'espace protégé, aux différentes dates et heures de la journée (détermination des cycles de fréquentation). Dresser la carte des flux. « Mesurer» le trafic routier dans les vallées et itinéraires d'accès.
- Apprécier l'étalement des flux sur la saison et mettre en évidence les cycles de fréquentation et les jours de pointe.
- Redresser et extrapoler à l'ensemble de la saison des mesures ponctuelles effectuées sur les sentiers.
- Evaluer les phénomènes de pertes de charge entre les accès routiers et les sentiers (déterminer le nombre de visiteurs par véhicule).
- Projeter les tendances dans le temps.
- Objectifs des comptages parkings
- Apprécier la charge estivale sur les parkings et les besoins d'aménagements.
- Rapprocher le nombre de véhicules sur site des données compteurs pour évaluer les flux en direction du site.
- Eliminer les « bruits de fond» provenant de trafics en transit ou exclusivement locaux.
- Estimer le nombre de visiteurs par véhicule pour rapprochement avec les comptages routiers.
- Evaluer la part de « contemplatifs» qui restent sur ou à proximité des parkings.
- Objectifs des comptages sentiers
- Apprécier la charge de fréquentation sur les différents sentiers analysés (tendances et pics selon les dates et horaires).
- Projeter les tendances et les pics dans le temps.
→ Calculer des ratios de corrélation reconductibles d'une enquête sur l'autre, avec vérification sur quelques sites et redressement éventuel des estimations sur les années non étudiées.
2.4.1.2 Qualitatives: connaître les attitudes pour anticiper les comportements
- Certaines informations vont s'avérer utiles pour l'analyse. Il s'agit notamment :
- des données socio-démographiques (âge, sexe, CSP, lieu et type d'habitation, etc.) ;
- des pratiques dans l'espace protégé ;
- des comportements et attitudes (attitudes de vie, comportements en vacances, vis-à-vis de la nature, de l'autorité, de la responsabilité, de l'autonomie;
- des besoins et attentes (équipements, repères, présence humaine, conseil...).
→ L'ensemble de ces données doH permettre de mettre en évidence les évolutions probables, les besoins à moyen et long terme.
- Certaines analyses peuvent être initiées à partir des données. Il est en effet possible :
- de réaliser une analyse typologique avec calcul des profils et groupes typologiques,
- d'effectuer des rapprochements avec les données quantitatives,
- de qualifier les flux.
→ L'ensemble du processus doit contribuer à déterminer les leviers pour agir.
2.4.2 Travailler sur 2 dimensions: le temps et l'espace
2.4.2.1 Espace: approche globale ou approche locale
- Evaluer la fréquentation de l'espace protégé à son niveau global mais aussi différencié selon les accès.
- Comparer les profils de visiteurs selon les accès (par exemple les différences de CSP, ou de groupes comportementaux).
→ De ces analyses, on pourra notamment déduire les besoins d'équipements différenciés.
2.4.2.2 Temps: passé-présent-futur
- Recueillir les données sur les historiques, nourrir les intuitions, en déduire des évolutions pour l'espace dans son ensemble, les évolutions relatives entre les accès.
- Intégrer les événements (Tour de France, fête locale, régionale, nationale, etc.) .
→ Anticiper les évolutions, les changements, les seuils (à environnement constant).
2.4.2.3 Le SIG : un outil d'analyse
- Les représentations graphiques (courbes, mappings, histogrammes, cartes) sont des outils d'analyse précieux. On utilisera les courbes pour illustrer des données continues (exemple: des flux de visiteurs) et des histogrammes pour des données discontinues (exemple : l'âge des visiteurs).
- Il faut souligner ici l'intérêt de la cartographie et des outils du S.I.G. pour une enquête de fréquentation dans un espace protégé : Le SIG est un outil mathématique qui permet de rapprocher des « objets géographiques» (linéaires, points, surfaces, modelés de relief) de données statistiques. Ils permettent donc de simuler des flux, des blocages, des résistances ou des accélérations. On peut également, avec cet outil, rattacher des points remarquables (parkings, refuges, points d'enquête) au réseau de sentiers. Il donne aussi une idée de l'impact du sentier sur une zone géographique donnée. Le SIG peut enfin modéliser des données de visibilité (voir et être vu) qui ont une influence sur le sentiment de sur-fréquentation, ou encore des éléments de dénivelé qui ont une incidence sur la fréquentation.
- Ces outils, qui définissent un modèle numérique du terrain, permettent, en une seule représentation, de visualiser à la fois le territoire et les événements qui s'y déroulent. Ils appellent cependant une attention particulière avant l'élaboration du protocole d'enquête : par exemple, quel sera le sens du circuit, les écoulements des flux, quels seront les modes de segmentation de l'espace (théorique ou événementiel).
- Il est impératif, pour optimiser l'exploitation de cet outil par ailleurs efficace, de rapprocher dès l'origine les informations que l'on recherche du traitement que l'on en fera au moyen du SIG.
La présentation des résultats
- Une synthèse générale inter-parcs a été rédigée par le sous-traitant. Elle a été présentée à différentes reprises, assortie de transparents. Cette synthèse a présenté des comparaisons d'une part entre les différents parcs et d'autre part entre les visiteurs potentiels et les randonneurs.
- Des synthèses propres à chaque parc ont été réalisées par chacun des parcs, avec un traitement spécifique par secteur et points d'accès. Ces synthèses ont permis différentes comparaisons d'une part entre les sites et d'autre part entre chaque site et la moyenne du Parc national.
- Différentes présentations orales ont été organisées par chacun des parcs, par exemple pour des membres des Conseils d'Administration, pour des représentants des CDT, OTSI, ODE. Ces présentations ont été ouvertes aux responsables de secteur.
- Enfin, les différents parcs ont présenté des extraits des résultats dans leurs supports d'information.
La restitution des résultats
2.5.1 Pourquoi restituer ?
- Comme indiqué plus haut, l'étude est orientée vers la prise de décision et l'action : elle produit des résultats qui seront intégrés aux différents domaines de la gestion de l'espace protégé. Les résultats servent à enrichir la compréhension et l'exercice des différentes missions du gestionnaire sur le terrain : gérer l'espace n'est pas seulement le conserver mais aussi le valoriser en intégrant ses composantes humaines.
- La restitution des résultats sert également des objectifs plus administratifs d'animation et de motivation des personnels: l'étude doit servir à enrichir la perception du travail effectué, à expliciter le vivant, à dépasser le seul cadre du fonctionnement administratif en faisant entrer les visiteurs dans le fonctionnement. Ces résultats intéressent donc le conseil d'administration, les experts et les scientifiques, mais également le personnel dans son ensemble.
- Les résultats de l'étude peuvent également être destinés à construire ou renforcer l'identité de l'Institution et à enrichir ses liens avec son environnement (approche ouverte) : d'abord vis-à-vis des tutelles, partenaires et des commanditaires éventuels, mais également l'environnement institutionnel et socio-professionnel direct : les OTSI, CDT, la DDE, mais aussi les commerçants qui peuvent être intéressés à connaître les tendances et profils de fréquentation de leur région.
2.5.2 Comment restituer ?
- Il conviendra de s'accorder en interne et entre les partenaires associés à l'étude sur la forme (les documents exhaustifs, les synthèses, les présentations orales, les éventuels dossiers de presse, les illustrations...).
- Les restitutions seront différenciées selon les publics. Il sera utile de ne pas se satisfaire de seuls documents écrits: l'organisation de réunions de présentation (par exemple à l'occasion d'un conseil d'administration) peuvent aider à rendre plus vivants les matériaux et résultats produits, le lien entre l'institution et son environnement. Une présentation orale peut également servir à expl iciter certains aspects surprenants des résultats, problématiques ou politiques. Elle sert aussi à engager un dialogue qui facilite l'appropriation des missions de l'espace protégé par ses partenaires.
- Les documents écrits seront illustrés non seulement de tableaux et de graphiques, mais également de photos qui rendent compte de la réalité sur le terrain. L'utilisation de cartes permettra de favoriser une visualisation directe du territoire et des enjeux liés à la fréquentation.
- Il peut être utile de garder à l'esprit qu'en matière de communication, la répétition est la règle. Il faudra donc organiser la restitution des résultats dans le temps, transmettre les résultats de façon progressive, par exemple dans le journal d'information de l'espace protégé: d'abord un résumé global puis des comptes rendus sectoriels ou spécifiques. Ne pas oublier des communications particulières pour chaque site, qu'il ait été analysé ou non (communication sectorielle).

- Ainsi, la communication des résultats peut être répartie sur l'année qui suivra l'étude. L'étude de fréquentation n'est pas un événement unique et isolé: c'est un processus, une prise de conscience et une recherche qu'il faut entretenir. De ce fait, il sera plus aisé de susciter les bonnes volontés pour participer aux enquêtes suivantes.
- Il sera utile à la fin de la période de restitution d'effectuer un bilan de l'opération, tant au plan logistique et de l'organisation que de celui de l'exploitation et de l'utilité des résultats.
Les enseignements pour de futures enquêtes
4.7.1 Sur le plan quantitatif
- Les comptages routiers
Du fait de leur importance pour le reste des analyses, le choix de leurs emplacements et le suivi de leur fonctionnement est capital dans l'étude de fréquentation. Pour le choix des emplacements, il faudra tenir compte des problèmes liés à la topologie propre des sites. Par exemple, le Parc national des Ecrins (et dans une moindre mesure celui des Pyrénées) ont été avantagés pour les comptages routiers : la plupart des vallées sont radiales, en cul de sac : il n'y a pas ou peu de déperdition. Les entrées et sorties du parc se font au même endroit. Dans la mesure du possible et sauf si des dysfonctionnements persistants sont à craindre, ces emplacements devront être reportés d'une enquête à l'autre pour assurer la comparabilité des résultats.
Si le nombre de compteurs peut être augmenté d'une enquête à l'autre, les compteurs supplémentaires pourront être utilisés pour explorer d'autres sites et déduire le nombre de randonneurs sur ces sites à partir de corrélations dont on aura au préalable vérifié la fiabilité et la stabilité. Le parallèle entre trafic routier et charge touristique sur les sentiers ne peut être qu'approché: les compteurs routiers comptabilisent indifféremment les montées et les descentes des voitures : le résultat est une moyenne (/2) et n'est pas représentatif du flux réel des voitures : à une heure donnée, 50 montées et 10 descentes donneront un trafic moyen de 30 véhicules, ce qui n'est pas fidèle à la réalité. La comparaison de ces données à l'encombrement des parkings peut permettre de limiter les écarts.
Lors de l'exploitation des données de comptage routier, tenir compte du trafic local, partois non négligeable.
- Les comptages parkings
Le comptage à heure fixe à la période de pointe (autour de 14-15h) suffit. Une autre méthodologie peut être employée pour le comptage des véhicules sur parkings, à la condition de pouvoir installer un compteur routier à proximité du parking et d'être en mesure de différencier les montées des descentes : un comptage unique du « stock de départ " à une heure donnée, de préférence tôt le matin suivi d'une imputation du trafic entrées-sorties relevé en continu par un compteur routier en continu. Cette méthode indique la charge du parking à toute heure du jour. Elle permet notamment de comprendre comment le parking fonctionne. Elle est particulièrement adaptée aux sites « lourds ".
- Les comptages sentiers
Lors du rapprochement des données des comptages routiers avec le décompte sentier, il faut tenir compte du décalage entre le moment où les voitures ont franchi le compteur routier et le moment où les visiteurs sont sur le sentier (entre 1 /4 h à 1 h selon la distance). 10 comptages par site permettent d'intégrer la diversité des situations (week-ends, périodes creuses, météo ... ) et de dégager la spécificité de chaque site.
4.7.2 L'enquête nationale
Une ambiguïté assez forte a subsisté dans l'analyse des réponses: il a été difficile de déterminer si la perception des vacances à la montagne telle qu'elle ressort des interviews provient d'une pratique d'hiver ou d'été. Pour lever cette ambiguïté, il eût fallu mener l'enquête nationale à l'issue des vacances d'été et non au début. A l'avenir, il serait judicieux de préciser en début de questionnaire à quelle « montagne» on fait référence, d'été ou d'hiver.
Il est apparu une confusion dans les réponses entre le Massif des Pyrénées et le Parc national des Pyrénées 9. Cette confusion, que l'on retrouve à chaque enquête, semble difficilement évitable dans une question fermée :
- « parmi les parcs nationaux suivants, quels sont ceux que vous connaissez» suivie de la mention: « Parc national de la Vanoise, Parc national des Ecrins, Parc national des Pyrénées » ?
Une question ouverte devrait permettre de limiter le taux d'erreur :
- « citez les parcs nationaux que vous connaissez » ?
Une question ouverte sur cet item permettrait de plus d'obtenir le taux de notoriété spontané des parcs analysés et non la notoriété assistée, moins riche d'enseignements.
L'analyse socio-culturelle au plan national a été difficile du fait du faible nombre de questions qui ne permit pas de dresser des profils réellement précis.
L'analyse typologique des visiteurs peut être reconduite d'une étude sur l'autre (si l'on maintient les questions qui ont permis d'élaborer la typologie). Il serait alors possible de mettre à jour d'éventuels glissements des types, de dégager de nouveaux axes significatifs.
Les données brutes de l'enquête nationale devront être dupliquées pour chaque Parc national pour conservation et comparaison avec des données ultérieures.
4.7.3 L'enquête sur sentiers
Les données brutes des questionnaires sentiers n'ayant pas été transmises aux différents parcs, ils n'ont pu en comparer les réponses avec celles de l'enquête 1992.
Un enquêteur ne peut en même temps compter les passages et administrer un questionnaire.
Il est prudent de tenir compte de la différence de profils entre les personnes chargées des enquêtes et celles chargées de comptages. Pour le comptage, il suffit de personnes rigoureuses et sérieuses. La fonction d'enquêteur est beaucoup plus technique. Les enquêteurs doivent notamment être sensibilisés aux contraintes statistiques qui imposent de discipliner les répondants et d'isoler le répondant pour écarter tout effet de groupe, ce qui demande du doigté, de l'aisance et une réelle maturité, en particulier pour administrer des questionnaires socio-culturels.
Le questionnaire sentier avait une longueur excessive: d'une durée au départ estimée à 15 mn, on passa sur le terrain à une durée réelle plus proche des 30 minutes, ce qui était peu adaptée aux circonstances. De fait, plusieurs réponses furent bâclées sur la fin et il y eut parfois, de surcroît, l'interférence du groupe qui voulait participer aux réponses.
De même, le questionnaire socioculturel était relativement long et surtout comportait plusieurs questions hors contexte et inattendues. Cela a pu parfois provoquer un nombre significatif de refus (plus d'un tiers de refus pour les Ecrins). Ce type de questionnaire, dont certains aspects peuvent surprendre, nécessite une motivation particulière des enquêteurs et de l'ensemble de l'équipe en charge de l'enquête.
Il est prudent de prévoir une marge assez large dans le plan de sondage, pour tenir compte d'incidences extérieures (par exemple la météo) : si 50 questionnaires minimum sont estimés nécessai res pour analyser un site, prévoir une présence sur place qui permet d'en recueillir au moins 60 à 70. Notons de manière générale que la mise en oeuvre d'une enquête sur le terrain doit tenir compte du lieu sur lequel sera administré le questionnaire. Dans certains cas (par exemple dans les refuges), l'enquête peut paraître incongrue et peut s'avérer difficilement réalisable compte tenu de l'impossibi· lité de s'isoler d'un groupe par exemple.
9 Même si l'on sait que la notoriété du Parc national provient de la chaîne des Pyrénées.
Quelques principes de mise en oeuvre
1.3.1 Des principes de prudence
- Il est indispensable de fonctionner par « faisceaux de preuves ». Une donnée n'est pas une vérité en soi: elle ne pourra être prise en compte de manière certaine que si elle se trouve confirmée par d'autres résultats ou d'autres analyses, ou encore par l'expérience du terrain. Cette nécessité de preuves convergentes pose d'emblée le problème du dimensionnement logistique et de l'organisation méthodologique de l'étude : le recueil de l'information doit prévoir des possibilités de recoupements multiples permettant de construire ces faisceaux de preuves.
- Il est également nécessaire de préciser ici la rigueur qui doit guider toute tentative d'extrapolation des résultats: ceux-ci ne peuvent être compris et projetés dans le temps qu'à environnement constant ou aux fluctuations minimales. En cas de rupture, celle-ci devra être prise en compte dans l'interprétation et le recadrage des études suivantes.
- Ces orientations définissent le dimensionnement optimal de l'étude et sa fréquence de renouvellement dans le temps.
1.3.2 Privilégier la diversité et la compatibilité
- L'étude de fréquentation se réalise à l'évidence dans un contexte de moyens limités : il est impossible de tout analyser et de tout observer. Il importe donc de faire des choix qui s'ajoutent, se complètent et se programment dans le temps. De même, il peut être nécessaire d'avoir une approche différenciée de l'espace selon les sites et les points d'accès à l'espace selon les vallées et les périodes.
- Ces contraintes imposent de mettre en place des outils compatibles dans le temps et dans l'espace : si l'on veut comparer 2 points d'accès ou 2 enquêtes successives, les bases de comparaison doivent être identiques et stables.
- Cette intégration de la diversité permet d'éviter de ne travailler qu'à partir de résultats globaux rapidement limités dans une perspective de gestion de l'espace, mais de développer une connaissance fine, site par site, accès par accès.
- Cette approche par la complémentarité permettra en outre d'alterner (et d'espacer) des enquêtes lourdes, engageant beaucoup de moyens, avec des relevés intermédiaires, plus légers. Létude doit donc permettre de déterminer les indicateurs qui doivent ainsi être mesurés à intervalles réguliers pour suivre l'évolution des tendances essentielles (par exemple le besoin d'assistance ou de repères, le nombre de visiteurs « contemplatifs» qui restent sur les parkings, le nombre de familles, de visiteurs étrangers, ou au contraire de visiteurs locaux, etc.)
1.3.3 Construire la base quantitative d'abord
- Le point de départ de l'étude de fréquentation, comme sa légitimité première (cf. la phase 1 de l'évolution) est la connaissance quantitative des visiteurs: combien sont-ils, où et à quelles périodes ?
- Cette base quantitative sera, par ailleurs indispensable dans le traitement de l'étude pour « caler » les observations, pour en orienter les développements: par exemple, on multipliera les observations, y compris qualitatives, sur un site fortement fréquenté, on les limitera, voire on en fera l'impasse, sur un site qui l'est moins.
- Il est donc indispensable de se doter d'un outil de comptage permanent, heure par heure, pendant toute la période de l'enquête. Dans la plupart des cas, la base de cette connaissance quantitative de la fréquentation pourra être le comptage routier. C'est un outil statistique simple et fiable mais il existe d'autres moyens, tels le tourniquet ou encore le compteur à infra-rouge, qui nécessite, quant à lui, la présence d'une porte (passage obligé), une source d'énergie et du personnel disponible sur place.
- Ce sera donc le plus souvent à partir du comptage routier que s'échafaudera l'ensemble de la connaissance de la fréquentation, y compris pour les parties les plus reculées ou centrales de l'espace. Sa mise en oeuvre doit tenir compte de la topographie du lieu, de l'orientation des axes rou tiers, des types de trafic (traversants, locaux, occasionnels), des événements locaux (fêtes de villages, présence de centres commerciaux etc .. ).
- Pour déterminer les points de comptage, il peut être utile de repérer les points de rupture de charge (arrêts de transports en commun, parkings, abris et refuges éventuels) ou de bifurcation (nationales- départementales, jonctions de sentiers). Ces lieux peuvent focaliser des demandes d'équipements ou de signalétiques spécifiques. Le savoir-faire de logisticiens peut être utile dans la conception de l'étude (sociétés de transport, distribution).
1.3.4 Avoir une volonté de partenariat (DDE, CDT, université, etc.)
- L'intérêt d'une étude ouverte sur l'extérieur, qui intègre des données externes, a été explicité ci-dessus. Elle impose néanmoins des moyens plus conséquents qui peuvent dépasser ceux disponibles en interne. Ce type d'enquête demande donc de mettre en place des partenariats externes, qu'ils interviennent aux plans technique, matériel, financier, humain, ou sur le plan des échanges d'expériences.
- Par exemple, les différentes enquêtes réalisées par les parcs nationaux ont conduit à des partenariats étroits avec la DDE locale : échange de données, traitement des informations en échange de prêt de matériel (l'expérience de la DDE en matière de comptage routiers est précieuse pour les gestionnaires d'espaces protégés). De même, les connaissances statistiques et les savoir-faire d'études disponibles dans les universités de la région peuvent être judicieusement mis à contribution, sans parler de l'utilisation éventuelle d'étudiants pour la mise en oeuvre.
- La collaboration peut être étendue à d'autres partenaires locaux: ainsi, il existe souvent des sources statistiques disponibles localement, parfois dans des endroits inattendus (partenaires touristiques, socioprofessionnels, etc.). Par exemple, le Club Alpin Français conserve dans ses archives les statistiques de fréquentation de tel ou tel massif depuis plus de 100 ans. Même si les données ne sont pas toujours comparables ni compatibles, même si les méthodologies diffèrent, cet apport extérieur vient enrichir et relativiser l'analyse.
- Dans l'hypothèse d'un partenariat inter-espaces (espaces de statut identique ou différent), il peut être utile d'intégrer au montage de l'étude (objectifs, cadrage de l'étude, analyse des données, moyens) des institutions plus globales, telles l'Union Européenne, les Ministères, le Muséum National d'Histoire Naturelle, qui peuvent trouver un intérêt à des analyses transversales.
- Néanmoins, il ne faut pas perdre de vue qu'il ne s'agit pas d'une enquête « omnibus» : il conviendra d'éviter que les partenaires ajoutent leurs questions au questionnaire qui perdrait ainsi de son homogénéité et de sa cohérence.
Synthèse des étapes
1. Intégrer l'étude de fréquentation à la planification générale: ce qu'on en fera. 2. Déterminer ses objectifs et l'objet de la recherche (les questions que l'on se pose). 3. Dimensionner l'étude (espace seul, espace et environs, vivier de visiteurs, international). 4. Planifier les études de fréquentation dans le temps (fréquence, alternance d'enquêtes lourdes et légères, stockage et accessibilité des données). 5. Déterminer les moyens à mettre en oeuvre (temps, personnel, matériel, finances). 6. Organiser les partenariats possibles. 7. Déterminer les choix opérationnels (à quels degrés faire et faire faire). 8. Sélectionner les sous-traitants (savoir-faire, expérience, spécificités). 9. Prévoir la restitution des résultats et ses objectifs (pour quoi faire).
1. Constituer les équipes, les plannings et organiser l'accumulation d'expérience. 2. Choisir la période, les dates et les sites (tenir compte des événements locaux ou régionaux). 3. Déterminer les choix méthodologiques pour les comptages, pour les enquêtes (prudence, diversité, compatibilité des outils et des méthodes). 4. Construire le questionnaire (allers et retours, enquêtes à blanc, détermination des questions récurrentes). 5. Prévoir le stockage et l'accès aux données (données brutes). |
1. L'importance des données quantitatives et, en particulier, des comptages routiers. 2. Le recrutement et le briefing des personnels chargés des enquêtes et des comptages. 3. Le choix et la cohérence des emplacements de comptage (routiers, parkings, sentiers) et d'enquête sentier (+ nationale éventuellement). 4. Le suivi logistique. 1. Définition des variables clés (quantitatives et qualitatives). 2. Extrapolation des données manquantes à partir des comptages routiers. 3. Calcul des tendances, rapprochement des historiques. 4. Visualisation cartographique des données et rapprochement des données topographiques ou faunistiques. 5. Définition des profils et des groupes typologiques, contenu de ces groupes, relations entre les groupes, construction de mappings. 6. Projections à moyen terme, conditions de ces projections. 7. Définition des indicateurs de suivi dans le temps (enquêtes légères). 8. Méthodologies et outils d'extrapolation. 9. Comparaisons sectorielles. 3.1.5 ETAPE 5 : RESTITUTION DES RESULTATS 1. Définir les publics destinataires. 2. Organiser les présentations selon les publics. 3. Exploiter les moyens cartographiques (logiciels, SIG). 4. Alterner documents écrits et présentations orales. 5. Répartir la communication dans le temps. 6. Faire le bilan opérationnel et de l'exploitation de l'étude. |

















