La Vallée de la Boyne - Irlande

 

Le site

L'accueil du public et les formes de régulation des flux

L'aménagement du site dans le respect de l'esprit des lieux

La structure et les moyens de gestion

Les retombées économiques et le partenariat local

Conclusion


Le site

Dans les boucles de  la rivière Boyne, il s'agit, sur plus de 3 000 ha, d'un site archéologique de première importance.Le site se caractérise par la combinaison :


- de tombes à galeries néolithiques, classées au Patrimoine mondial. La tombe la plus célèbre, Newgrange, a été mise au jour en 1960

- d'un site de vallée, pittoresque, au caractère agricole et naturel encore assez préservé, au coeur duquel se situent les vestiges.

Les désordres liés à la notoriété du site sont apparus au milieu des années 80. De façon évidente, il n'était plus possible de laisser entrer un nombre illimité de visiteurs dans la tombe de Newgrange, avec son entrée étroite et sa petite galerie. Les abords de la tombe connaissaient des problèmes d'érosion qui mettaient en péril l'édifice. La tranquillité et le charme de la boucle

de la Boyne étaient troublés par les  files de voitures et les roulottes de commerçants qui s'installaient au bord de la route en saison.

Caractères généraux du site

Situé dans le Comté de Meath, au Nord-Est de l'Irlande, à 40 km de Dublin

- caractères physiques : site archéologique dans la Vallée de la Boyne, sur 3 000 ha environ.

- fréquentation
1984 : 78 000 visiteurs
1989 : 130 000 visiteurs
1996 : 200 000 visiteurs

- statut de protection
Protections nationales fortes. Figure également au schéma régional de protection
Site du patrimoine mondial en 1993

- statut foncier essentiellement privé (agriculture).
L'État ne possède que 5 % du site environ, c'est-à-dire le strict emplacement des tombes.


L'accueil du public et les formes de régulation des flux

Le site a connu un accroissement fort de sa notoriété et de sa fréquentation, qui atteint aujourd'hui 250 000 personnes environ. Cette fréquentation consiste d'abord dans la visite des vestiges, mais aussi en des activités de loisirs telles que la randonnée et la pêche dans la Boyne.

La pression sur le site, la fragilité des vestiges et leur dispersion au milieu des champs a amené les pouvoirs publics à engager une politique active de protection et de gestion du site.
La gestion de l'accueil du public a été très pensée dans la Vallée de la Boyne. Elle est particulièrement intéressante en ce qu'elle combine des stratégies complémentaires qui, de l'avis du gestionnaire, ont permis de réduire les effets néfastes sur le site d'une pression concentrée et jusque là mal maÎtrisée.

La création d'un centre d'accueil, ouvert en 1997 :
Ce centre d'accueil est situé à 2 km du premier tumulus visitable. Par sa localisation et son implantation, ce centre d'accueil fonctionne comme la « porte d'accès » au site :
- parking
- billetterie
- information sur le site
- information sur l'ensemble de la région et réservation hôtelière
- musée proposant des expositions permanentes et temporaires sur le site
- boutique
- café-restaurant, géré par un concessionnaire
- services (toilettes, téléphones ... )
- point de départ de sentiers cheminant vers les sites
- départ des minibus qui desservent les sites (6 bus de 25 passagers, la chauffeurs en haute saison).
L'accès au site est payant, les tickets étant vendus au centre d'accueil. Le ticket inclut le parking.

La diversification de l'offre en fonction des publics : c'est la fonction principale du centre d'accueil, faisant office de « filtre » et considéré par les gestionnaires comme leur outil le plus efficace de gestion de la fréquentation. Tous les visiteurs doivent en effet passer par le centre où ils achètent leur ticket d'accès ( « l'évasion » est faible, estimée à 4 % environ des visiteurs qui vont aux sites sans passer par le centre). Y sont proposées des « options de visites » en fonction du temps dont disposent les visiteurs, avec des prix de visites différents.

15 % des visiteurs se contentent de la seule visite du centre d'accueil


Le centre d'accueil a été particulièrement soigné du point de vue de son implantation (offrir un beau panorama, et être le moins visible possible dans le site), et du point de vue muséographique afin d'offrir aux visiteurs qui n'iront pas jusqu'aux tombes elles mêmes une visite néanmoins suffisamment riche. Ainsi par exemple, le parti a-t-il été pris de présenter au musée un fac-similé d'une des tombes.

L'étalement de la pression sur un espace plus grand : l'interdiction faite aux voitures et aux cars d'aller près des tombes, la construction du parking et du centre d'accueil à 2 km de Newgrange, ont rallongé les temps d'accès aux sites. Ceci contribue sans doute à ce qu'une partie des visiteurs (15 %) se limite à la visite du musée et de la réplique au centre d'accueil (le mauvais temps les y encourageant aussi).

Le développement de sites alternatifs : à l'origine, seule Newgrange était ouverte au public. Aujourd'hui, Knowth, située à 1 km, est ouverte de Mai à Octobre, de façon à « soulager » Newgrange tout en évitant de refuser l'entrée du site aux heures de pointe : « Le public n'aime pas se voir refuser l'entrée d'un site. On peut leur dire : « Newgrange est plein, mais vous pouvez aller à Knowth » . Le public le comprend et n'a pas le sentiment d'être venu pour rien ».

La modulation des prix : l'accès au site majeur, Newgrange, est légèrement plus cher que les autres tumulus, de façon à « décourager » sa visite et encourager la découverte de vestiges moins connus.

Les réservations obligatoires :
- réservation obligatoire pour les groupes de plus de 15 personnes
- en haute saison (de juin à août) toute visite avant 14 heures se fait sur réservation
- réservation pour des événements particuliers : par exemple la visite d'un des Tumulus au solstice d'hiver dans des conditions particulières de luminosité réunies seulement quelques jours par an (réservations complètes sur 10 ans !)

La fermeture des sites fragiles : Si 2 sites sont ouverts au public, la Vallée de la Boyne comporte en réalité plus de 50 monuments dont la visite est interdite. Ces interdictions sont difficiles à contrôler : étendue du site et dispersion des vestiges, terrains privés, volonté de ne pas couper de routes qui servent également aux agriculteurs, etc ... L'absence de signalisation de ces sites d'une part et les efforts consentis sur les deux sites ouverts restent les instruments de dissuasion les plus efficaces.

 durée
de la visite
adultesgroupes
et
retraités
enfants
et
étudiants
tarif
famille
Centre1 h2 £1 £ 501 £5 £
Centre et
Newgrange
 3 £2 £1 £ 257 £ 50
Centre et
Know
 2 £1 £ 501 £5 £
Centre
Newgrange
et Knowth
 5 £3 £ 505 £12£50

 


 

L'aménagement du site dans le respect de l'esprit des lieux
 

Une conviction forte a présidé à l'intervention sur le site :
les aménagements doivent strictement
répondre aux objectifs de gestion et ne sont réalisés que lorsqu'il n'y a pas d'autres alternatives.


La structure et les moyens de gestion

La gestion du site est assurée par le National monuments and historie properties service (service d'État).

Outre le responsable du site, le site emploie 30 guides et 10 employés d'entretien.

Le budget de fonctionnement annuel de la Vallée de la Boyne s'élève à 3,20 MF. Le site ne dispose pas d'un budget propre : les recettes du site vont au budget général de l'État qui finance le budget de fonctionnement de la Vallée de la Boyne.

Avec la création du centre d'accueil et le développement de services d'accueil aux visiteurs, l'objectif est désormais d'équilibrer le fonctionnement. La politique est plutôt de minimiser les dépenses que de chercher à accroître les recettes. Ainsi, en échange du droit de passage dans leurs propriétés, l'État donne aux agriculteurs un droit d'usage dans ses propriétés.

Ou encore, plutôt que de demander un droit de concession élevé aucafé-restaurant pour la haute saison, il a été préféré de lui demander de rester ouvert toute l'année avec un bon niveau de prestation.

Données-clés sur le budget de gestion

-  budget annuel: 3,20 MF
- financement de la gestion : budget général de l'État.
Pas de budget propre.

Les gestionnaires

- organisme gestionnaire de la Vallée de la Boyne : National Monuments and Historie Properties
Service : service d'État, chargé de la gestion de tous les Parcs nationaux Irlandais, des monuments et de la vie sauvage. C'est à la fois un service de réglementation et de gestion opérationnelle.
- propriétaires: agriculteurs locaux. Le NMHPS ne possède que 5 % de la surface.


Les retombées économiques et le partenariat local
 

Elles sont sensibles au niveau des 40 emplois directs créés localement par le NMHPS (emplois proposés aux jeunes locaux pour une grande part).

La création du nouveau centre d'accueil, véritable « porte d'entrée » du site, a donné lieu à de nombreux débats, parfois conflictuels, entre le NMHPS et le milieu local.
Auparavant, les villages alentours ne tiraient que peu de bénéfice de la renommée du site et en avaient surtout les effets négatifs, les visiteurs venant juste en excursion d'une journée sans séjourner. Cependant l'accès aux différentes tombes se faisait à partir du village de Slane. La construction du centre d'accueil à 10 km de Slane a été vécu comme un court-circuitage du village. Au  démarrage, l'activité des commerces en a pâti, d'autant que le centre d'accueil dispose de différents services et d'un restaurant, faisant concurrence au commerce local.

Depuis, l'accroissement continu du nombre de visiteurs s'est accompagné d'un doublement du temps de séjour dans la région et devrait encore s'accroître. Avec le temps, les impacts positifs sont aujourd'hui reconnus. Enfin, la dynamique enclenchée a engagé l'État à réaliser des travaux de restauration dans le village.

Le centre d'accueil informe sur le village, son histoire et son patrimoine, sur les autres sites à visiter au travers d'une exposition. Par un accord avec le NMHPS, les commerçants du village peuvent offrir à leurs clients des réductions sur l'entrée du site de la Vallée de la Boyne.

L'ensemble du projet a été conçu dans le cadre d'un groupe de travail comprenant des représentants de l'État, des intérêts régionaux et locaux (les collectivités locales, le comité régional du tourisme, l'université de Dublin ... ). A également été créé un comité consultatif pour suivre le projet, comprenant des propriétaires locaux, des habitants, des commerçants ... ). En tout état de cause, le caractère privé du site oblige à des contacts et ajustements permanents avec les habitants, particulièrement les agriculteurs.

L'importance de la communication
« Je dois souligner que les stratégies adoptées ont beaucoup évolué durant la dizainle d'années qu'a duré l'établissement de notre plan de gestion. Durant cette période nous avons fait des erreurs, souvent changé d'orientation, et testé de nouvelles pistes. Sans doute la leçon la plus importante que nous avons apprise est l'importance vitale de la communication avec le grand public et surtout avec les populations locales ».
(Eugene Keane, National Monuments and Historie Properties Service, gestionnaire de la Vallée de la Boyne)


Conclusion

Le gestionnaire du site souligne que pour aboutir à des solurions aux problèmes délicats de conservation des vestiges induits par la visite, il a été nécessaire d'adopter une démarche de projet et de gestion globale et multidimensionnelle.

Une telle approche nécessite une concertation étendue et aussi beaucoup de compromis. Le service chargé de la gestion de la Boyne insiste sur l'importance de la formation des responsables de ses sites à des
techniques nouvelles : concertation locale, communication, socio-économie du tourisme.

Le cas de la Vallée de la Boyne est également inréressant à un autre titre : il montre qu'il est possible pour un organisme public de gérer un site archéologique sans qu'il en détienne pour autant la maîtrise foncière, les vestiges se trouvant sur des terrains privés, exploités par des agriculteurs.

 

La Vallée des Merveilles - Alpes-Maritimes

 

Le site

L'accueil du public et les formes de régulation des flux

L'aménagement du site dans le respect de l'esprit des lieux

La structure et les moyens de gestion

Les retombées économiques et le partenariat local

Conclusion

 

Le site

Au coeur du Parc national du Mercantour, à 2 000 mètres d'altitude et plus, la Vallée des Merveilles recèle un des plus riches ensembles de gravures rupestres à ciel ouvert d'Europe. Autour du Mont Bego, sont regroupées sur près de 14 km2 , plus de 30 000 gravures datant de l'âge du Bronze, entre 1 800 et 1 500 avant notre ère.

La Vallée des Merveilles est une haute vallée glaciaire d'aspect minéral, exposée à de fréquents et spectaculaires orages. La signification des roches gravées reste largement énigmatique. A partir de l'imagination et de croyances populaires locales des récits de voyageurs ont, depuis la renaissance jusqu'au milieu du 19e siècle, peu à peu contribué à établir la renommée de cette vallée. L'intérêt et les travaux scientifiques suscités par les gravures durant tout le 20" siècle, sans qu'il permettent d'en percer le mystère, n'ont fait qu'accentuer cette renommée.
Le site est protégé pendant la majeure partie de l'année par la neige; sa visite n'est possible que de juin à septembre. On y accède a près 2 heures de marche à partir des points de stationnement des voitures et du dernier refuge, cet isolement en limitant bien évidemment la fréquentation.
Caractères généraux du site

- situé dans la zone centrale du Parc national du Mercantour, commune de Tende, département des Alpes Maritimes
- caractères physiques: site archéologique dans une haute vallée des Alpes méridionales (2 000 m)
- fréquentation :
1996 : 30 000 visiteurs
Site visitable uniquement en été

- statut de protection
Site classé en 1969 au titre de la loi du 2 mai 1930
Zone centrale du parc national créé en 1979
Classé Monument historique en 1989 au titre de la loi du 31 décembre 1913
- statut foncier : communaux de la commune de Tende


L'accueil du public et les formes de régulation des flux

Les sites ne sont accessibles que par des chemins de terre ou des sentiers pédestres.


Malgré leur éloignement, les sites sont visités chaque été par 30 000 personnes environ et des dégradations ont été de plus en plus fréquemment observées :
-  détérioration des gravures : graffitis, érosion,
- piétinement des abords
- dégradation des sentiers par le passage
- dérangement de la faune

Ces constats ont amené le parc et le ministère de la Culture à en réglementer l'accès et à renforcer la surveillance du site.

Délimitation de deux zones où la pénétration et la visite sont réglementées : la Vallée des Merveilles elle-même et la vallée de
Fontanalbe. La visite ne peut s'effectuer que sous conduite d'un accompagnateur agréé ; les visiteurs peuvent néanmoins emprunter librement quelques sentiers autorisés, sans s'en écarter.

Une cinquantaine d'accompagnateurs sont agréés par le Parc national et la Direction régionale des affaires culturelles.

Ces accompagnateurs, qui doivent obligatoirement être titulaires d'un diplôme d'Etat d'accompagnateur en montagne reçoivent une formation spécifique au site. D'une durée de 4 jours, il porte sur la préhistoire, les gravures, le site et son fonctionnement, les réglementations. L'agrément est valable un an, renouvelable.

La visite se fait en groupe de 15 personnes et coûte 35 F pour les adultes et 25 F pour les enfants.

Maintien de la difficulté de l'accès au site. L'option a été prise de conserver un accès pédestre très rudimentaire, compatible avec le caractère naturel du site.

Il s'agit de maintenir la difficulté d'accès au site et de résister aux demandes locales d'élargissement des chemins pour permettre un accès plus aisé des « taxiteurs » qui disposent du droit d'accès jusqu'aux sites.
14 taxiteurs locaux sont en effet autorisés à déposer en 4x4 leurs clients sur le site, à les attendre pour les redescendre à Tende. La course coûte 1 600 F pour 6 personnes.

A sa création, le parc souhaitait que ces droits de taxis s'éteignent avec leurs
détenteurs, mais les résistances locales ont entraÎné la maintien de ce droit. Des demandes répétées d'accroissement de leur nombre sont formulées. Pour l'instant, un statu quo est maintenu sur ce chiffre. La maîtrise du nombre de taxiteurs est permise par l'article du décret de création du parc national concernant les activités commerciales dans le parc. Cet article dispose qu'aucune nouvelle activité commerciale ne peut être créée, mais que celles qui préexistent peuvent continuer à s'exercer.

Le parti a été de ne pas créer de voie spécifique pour ces taxiteurs, mais de maintenir leur cohabitation avec les randonneurs. Celle-ci est parfois conflictuelle, mais contribue à contenir les velléités d'accroître le nombre des taxis.

La recette générée par ce service de taxis s'échelonne entre 50 000 à 100 000 F par an par taxi.

Le bivouac est réglementé, autorisé de 19 heures à 8 heures, mais cette contrainte est difficile à faire respecter par les agents de l'établissement public, là comme dans le reste du parc.

Surveillance et entretien du site
Présence permanente en saison de gardes du parc et de gardes saisonniers supplétifs, notamment pour empêcher les sorties de sentiers des visiteurs non accompagnés et la dégradation des gravures.
Les sentiers parcourant les zones de gravures sont régulièrement entretenus afin de conserver leur rôle de canalisation du public.

Accueil et information du public
Une politique d'accompagnement des visiteurs a été définie, sans laquelle le site ne livre que difficilement sa signification.

Aux abords des sites :
- 2 points d'information, au départ des chemins d'accès, ouverts en été
- des panneaux de rappel de la réglementation et des services le long des chemins d'accès

Sur les sites :
- un service régulier de visites guidées
- 3 parcours de présentation de gravures in situ avec signalétique d'interprétation

Création d'un musée à Tende, ouvert toute l'année, avec une réplique en résine d'une gravure. Le musée reçoit près de 20 000 visiteurs.

 

 


L'aménagement du site dans le respect de l'esprit des lieux

Le parti a été pris « d'aménager » le moins possible le site. Seule une signalétique d'interprétation a été mise en place, ainsi que 3 parcours de présentation des  gravures in situ.

Deux chalets d'accueil et d'information du public ont été créés et ouvrent l'été, ainsi que 2 refuges techniques pour le personnel de surveillance et de maintenance.

Deux petits bâtiments communaux, situés aux abords du Lac Long Supérieur, de faible volume, mais
construits avec des matériaux inesthétiques, mériteraient une réhabilitation non engagée à ce jour.

Un refuge du CAF nécessite également mise aux normes réglementaires et fonctionnelles et meilleure intégration paysagère; s'il a été décidé de ne pas augmenter sa capacité d'accueil, une augmentation du volume par personne et l'amélioration du confort entraîneront une extension mesurée du bâtiment.



La structure et les moyens de gestion

La gestion du site est assurée par le parc national.

Le budget de gestion s'élève environ à 800 KF par an, cofinancé par le parc sur son budget propre et par la DRAC, sous forme de subvention au parc.
Elle mobilise 5 gardes permanents du Parc pendant l'été, auxquels s'ajoutent des saisonniers (correspondant à 30 mois), hôtesses d'accueil, ouvriers, surveillants.

Le site ne génère pas de recettes propres destinées à sa gestion. Les dépenses des visiteurs rémunèrent les services des taxiteurs et des accompagnateurs, sans « retour » à la gestion du site.

La dépendance à l'égard des financements publics soumet le site au risque de réductions budgétaires, et à la difficulté de contractualiser les moyens.

Pour les années à venir, le budget de fonctionnement sera réduit, obligeant à diminuer le nombre de saisonmers.

 

Les gestionnaires

- organisme gestionnaire du site Parc national du Mercantour
- propriétaires: commune de Tende


Données-clés sur le budget de gestion

- budget : de 1990 à 1996 : 800 00 F par an - 1997 : 500 000 F
financement : 50 % Parc national du Mercantour, 50 % DRAC
- financement de la gestion : État. Le gestionnaire, le Parc national du Mercantour, ne perçoit pas de recettes propres liées à la visite du site

 


Les retombées économiques et le partenariat local

Elles sont sensibles sur l'activité commerciale de 8 établissements sur le site et ses abords : refuges, gîtes, hôtels, restaurants, auxquels s'ajoutent 14 taxiteurs et 15 guides-accompagnateurs.Le maintien de l'autorisation des taxiteurs a correspondu à un souci de contribuer au maintien de l'activité économique locale.

 

Conclusion

Cet exemple montre les difficultés à maÎtriser un espace d'une très grande ampleur. L'objectif majeur est de maintenir le caractère naturel et sauvage de ce grand paysage.

Toute artificialisation excessive, tout aménagement lourd est rejeté par les gestionnaires. Ceux-ci recherchent les meilleurs moyens de réguler la fréquentation par l'information et la sensibilisation du public, la consolidation des sentiers les plus fréquentés et le cantonnement de l'accès des 4x4 dans des limites strictes.

Les mesures prises par le parc ont eu des conséquences positives : on ne note plus de déprédations majeures des gravures, moins de graffitis, une

plus grande satisfaction du public ; en revanche, le public des visites guidées s'approche davantage des gravures ce qui entraîne un piétinement supérieur à ce qu'il était auparavant.

La gestion du site repose sur un pouvoir réglementaire fort dont dispose le parc national, sans lequel il serait difficile de maîtriser l'accès au site.

Elle repose également sur une politique d'accompagnement des visiteurs, la plus légère possible dans son impact visuel.
Elle reste néanmoins fragile, du fait d'un budget de fonctionnement soumis aux aléas d'une négociation inter-services annuelle.

 

La Pointe du Raz - Finistère

 

Le site

L'accueil du public et les formes de régulation des flux

L'aménagement du site dans le respect de l'esprit des lieux

La structure et les moyens de gestion

Les retombées économiques et le partenariat local

Conclusion

 

Le site

Située à l'extrémité du Finistère, face au raz de Sein redouté par tous les  navigateurs, la Pointe du Raz se présente à ses visiteurs comme un véritable monument naturel, une haute falaise se terminant en lame rocheuse, accentuant l'impression de « bout du monde ».


Dès le début du siècle, les femmes de la région venaient proposer leurs dentelles aux visiteurs de ce site renommé de Bretagne.  Signe de la vocation touristique précoce du site, 4 hôtels sont construits sur la pointe, détruits peu après durant la seconde guerre.
Dans les années 50 une douzaine de commerces se réinstallent, mais l'administration, dans une volonté d'organisation du site, les regroupe dans un grand bâtiment connu sous le nom de « cité commerciale », doté d'un vaste parking.

Au cours des décennies qui ont suivi, l' accroissement de la fréquentation (1 million de visiteurs par an environ au début des années 90), et une gestion déficiente du site lui ont fait subir une dégradation très importante :
végétation totalement détruite par le piétinement intense, stationnement anarchique, vieillissement des installations commerciales. Les conditions climatiques très difficiles de cette falaise battue par les vents et les embruns, accéléraient le processus de destruction du tapis végétal, le décapage de la terre meuble mettant à nu la roche mère.

Ce constat a amené l'État et les collectivités locales à s'entendre sur une opération assez exemplaire de réhabilitation au titre du programme
« Grand site ».

Celle-ci s'est traduite par :

- la démolition de tous les bâtiments (2 600 m2) et des parkings existant (à l'exception du sémaphore de la Marine nationale et de la statue de Notre Dame des Naufragés) sur la Pointe
- la réimplantation des commerces (à l'exception des 2 hôtels) à 800 mètres en retrait, à l'entrée du site,

- la création d'une « maison de site », destinée à l'accueil et l'information du public sur le site lui même et l'ensemble du Cap Sizun,
- la revégétalisation du site et la création de sentiers permettant de canaliser les visiteurs et d'éviter la destruction des landes et pelouses littorales.

Au travers de cette réhabilitation, dont les démolitions sont l'aspect le plus spectaculaire, c'est une certaine lecture de l'identité du site qui a été privilégiée : l'image d'une Pointe « vierge », exempte de traces humaines, « rendue à la nature », magmfiée dans sa rudesse.

Caractères généraux

- situé SUI les communes de Plogoff et Cléden-Cap Sizun, Finistère
- caractères physiques : site caractéristique de landes sm falaise
- fréquentation: 1 million de visiteurs par an.
- statut de protection
- classé au titre des sites en 1958, pour 72 ha
- en 1987, extension du périmètre de classement à la Baie de Trépassés, et à la Pointe du Van (200 ha)
- statut foncier. Ancien parcellaire très morcelé, en « lames de parquet » (300 propriétaires environ), racheté, après expropriation, par le Conservatoire du Littoral en 1991 et par le Département du Finistère (TDENS) pour 100 ha à la Baie des Trépassés et la Pointe du Van
Situé en zone de protection de la Loi Littoral.
Dates clés de l'histoire du site

  • 1962 : les marchands sont regroupés dans une « cité commerciale »
  • 1981 : abandon du projet de centrale nucléaire de Plogoff
  • 1989 : inscrit au programme « Grand site » par le ministère de l'Environnement. Extension du périmètre de classement
  • 1991 : protocole d'accord entre l'État, les collectivités locales et les partenaires du projet, sur les objectifs et les moyens de l'opération
  • 1995-96 : démolition des anciens parkings et bâtiments
  • 1996 : ouverture au public du nouvel espace d'accueil



L'accueil du public et les formes de régulation des flux

Les conditions de la visite du site ont été largement améliorées: paysage réhabilité, sentiers et signalétique particulièrement soignés, commerces installés dans des locaux agréables et modernisés, maison du site proposant information et expositions, visites guidées, présence de personnel d'accueil.

Cependant, cette opération n'a pas véritablement fait l'objet d'une réflexion en terme de « capacité d'accueil » du site. Le nombre de places de stationnement n'a pas été diminué ; la demande en stationnement s'est même accrue du fait de l'allongement de la durée de la visite, engendrée par l'éloignement du parking par rapport à l'extrémité de la Pointe, et par l'attractivité de l'accueil et des services offerts.

En revanche, le recul de la « porte d'entrée du site » (parking, accueil des visiteurs) a accru l'espace d'évolution des visiteurs ainsi que le linéaire de sentiers, réduisant la concentration antérieure des visiteurs à l'extrémité de la Pointe.

De par l'organisation délibérée du site, les visiteurs sont fortement incités à emprunter le sentier sud d'accès à la Pointe, moins fragile ; de fait c'est celui qui est le plus fréquenté. Le sentier d'accès par le nord, qui réserve des vues superbes sur la Pointe du Van, reste volontairement plus confidentiel ; il est emprunté par quelques « découvreurs » qui aiment à sortir des « sentiers battus ».
 

Budget de l'Opération Grand site Pointe du Raz = 65,40 MF (dont acquisitions foncières : 15 MF)


Europe                                  6 MF
État                                     14,90 MF
Région Bretagne                   8,60 MF
Département du Finistère   14,30 MF
Conservatoire du Littoral    13 MF
Mécénat                                8,60 MF

 



Un des symboles de cette opération «grand site» : la démolition des 2 600 m2 de la cité commerciale construite dans les années soixante au boult de la pointe.

Les « cicatrices » sont aujourd'hui pratiquement résorbés. © Marc Rappillard



L'aménagement du site dans le respect de l'esprit des lieux

La qualité très remarquable de la conception et de la réalisation des aménagements extérieurs, notamment des parkings et des sentiers, font de l'opération Grand site de la Pointe du Raz une référence en la matière.

Les parkings (14) :

L'objectif de l'aménagement n'a pas été de créer une structure paysagère pour un camouflage illusoire des parkings, mais de transcrire au mieux une continuité d'éléments naturels comme facteur d'équilibre du paysage afin de limiter les sensations d'artificialisation du site. Pour cela, la conception s'est attachée :

- à adapter le tracé des parkings afin de restituer les formes du parcellaire traditionnel

- à réutiliser certains éléments typologiques du site tels murets, murs/talus, éléments discrets qui, par leur caractère structurel autonome, se comportent comme des permanences dans le paysage

- à utiliser deux matériaux, la pierre comme élément construit et la lande comme élément végétal, pour relier tout cet ensemble

- au choix volontaire d'utiliser les matériaux du site pour réaliser l'ensemble des travaux en recyclant au maximum les matériaux présents sur site afin de minimiser les apports extérieurs et de permettre une démarche « écologique » dans le respect des éléments de composition du site.

Les terrassements ont été réalisés de façon à se caler au plus près des courbes de niveau du terrain naturel. Il s'agissait, sur un terrain pentu, de modeler des plates-formes terrasses et de réaliser des murets-talus, ce jeu de niveau successifs et de murets/talus permettant de dissimuler les véhicules depuis la cité commerciale sans pour autant masquer les vues sur le paysage maritime, et de cloisonner les parkings.

La technique de mise en oeuvre des murets, de type « pierres sèches » dans l'esprit des murets traditionnels (voir les enclos et chemins du Cap Sizun), s'est avérée perdue dans les habitudes de réalisation des entreprises. Un très important travail de relation avec les maçons a été nécessaire, afin d'obtenir tant dans la configuration générale que dans la sta bilisation des ouvrages (qualité des matériaux de remplissage et des parements, insertion de tranchées drainantes, ou caniveau double, dévers en pierres, etc ... ).

La réutilisation et le recyclage des matériaux du site : un des points forts de la réalisation des parkings

Les parkings comptent 800 places, implantés sur 3 ha environ, associés à 2,8 km de murets.
De très importants travaux de terrassement ont été nécessaires, la manipulation tous matériaux confondus avoisinant les 26000 m'. Les terrassements se sont calés au plus près des courbes de niveaux
  • récupération, triage et stockage des pierres des anciens murets parcellaires restants sur le site
  • récupération des pierres (provenant des murets parcellaires) ayant servi à la structure de chaussées établies par les allemands lors de la guerre (découvert lors des terrassements)
  • récupération des matériaux de structure de l'ancien parking pour la confection, entre autre, des fondations et des structures des nouveaux muretsltalus
  • recyclage des matériaux entreposés lors de la réalisation de la Maison du site et des commerces
  • mise en place d'un concasseur sur le chantier pour le recyclage et la confection d'environ 10000 m' de pierres concassées en différenciant leur granulométrie en fonction de leur usage final (0/30, 20/40, 40/70).
Les coûts de réalisation des parkings s'établissent ainsi :
  • terrassements, caussées, infrastructures : 2 222 000 F HT
  • aménagements paysagers propres : 1 370 000 F HT
  • soit environ 120 F HT le M' (hors stfllctures bâties du péage et signalétique)

Concernant les revêtement de sols, il a été établi une hiérarchie suivant les fréquences saisonnières d'utilisation des parkings, tout en conservant la sensation que l'on se trouve bien à la porte d'un site naturel :

- surfaçage en émulsion gravillonnée de couleur ocre pour le parking permanent avec accueil des cars et des camping cars en partie basse pour minimiser l'impact

- association de deux structures, surfaçage en émulsion gravillonnée pour les circulations et structure terre/pierre, pour le stationnement puis ensemencement hydraulique
- structure entièrement faite en terre/pierre pour le parking ouvert en période de pointe

La matérialisation des emplacements sur les parkings enherbés a été faite par la mise en place d'un système de cordage synthétique fiché au sol.

Les cheminements :

Le tracé des différents cheminements a fait l'objet d'une étude particulière  sous forme de représentation graphique suite à une analyse paysagère fine, d'une retranscription sur site de ces tracés par piquetage précis pour prendre en compte tous les éléments (topographie, qualité de la végétation existante, impact du projet dans le site sous différents angles). Une étude technique détaillée de faisabilité sur l'utilisation des matériaux provenant du site et correspondant à une intégration maximale a été réalisée dès les premières propositions du parti d'aménagement des cheminements.

La revégétalisation de la Pointe (15) :

Les dégradations intenses des pelouses et landes sur l'extrémité des deux pointes, du Raz et du Van, concernent une superficie de 8 hectares. Toute tentative de réhabilitation du site passait nécessairement par une intervention active, et encore largement expérimentale, en raison de la rareté des données scientifiques et techniques en la matière. Les méthodes de réhabilitation faisant uniquement appel à des apports de terre ou à l'introduction d'espèces végétales non spontanées ont été écartées (quantité trop importantes, risques de pollution biologique). Les interventions ont été définies sur la base de cahier des charges techniques très exigeant du point de vue de l'authenticité et de l'intégration des interventions envisagées. Elles ont permis de tester les techniques et procédés suivants :

- dispositifs de canalisation de la fréquentation : clôture de fil métalliques de hauteurs
différentes, clôtures bois

- revégétalisation spontanée : évolution naturelle de la végétation sur des secteurs mis en défens

- ensemencements hydrauliques : épandage d'un mélange graines + eau + fixateur + produits de germination et de fertilisation

- broyant : épandage du produit d'un broyat de lande haute et moyenne

- transplants de mottes : prélèvement de mottes de lande en milieu sain et remise en place en secteur dégradé. Les suivis scientifiques de ces techniques sont encore en cours.
 

Un suivi très fin de la mise en oeuvre des aménagements

Aboutir à une telle qualité des aménagements réalisés a notamment supposé :
  • la coopération de professionnels de compétences pluridisciplinaires, dans la durée, dès l'amont tout au long des études de conception et en phase de réalisation : architectes, paysagiste,botanistes, écologues etc...
  • des expérimentations de terrain
  • la présence constante des concepteurs en phase chantier, permettant d'ajuster en permanence le projet au terrain, de guider les entreprises dans la mise en oeuvre de techniques qu'elles n'avaient pas ou plus l'habitude de réaliser.


La structure et les moyens de gestion


Autrefois non véritablement géré, le site est aujourd'hui doté d'une instance de gestion : le syndicat mixte pour l'aménagement et la protection de la Pointe du Raz et du Cap Sizun.
Les ressources de gestion du site proviennent pour 95 % des recettes de parking.

Une avancée importante est à mentionner quand on connaît les antagonismes qui ont longtemps divisé les deux communes : le site est géré dans sa globalité « Pointe du Raz, Baie des Trépassés, Pointe du Van », c'est-à-dire s'étendant sur les deux communes de Plogoff et de Cléden, avec les recettes de parking prélevées à la seule Pointe du Raz.

La Pointe du Raz dispose aujourd'hui de moyens de fonctionnement et de gestion, d'une structure pérenne. On notera que les commerçants sont associés avec voix consultative à la gestion du site. Mais, bien que largement bénéficiaires de l'opération, les 14 commerçants présents ne participent ni financièrement ni en nature à la gestion du site.

Composition du syndicat mixte

Sont membres du syndicat mixte :
  • les communes de Plogoff et Cleden-Cap Sizun
  • SIVOM du Cap Sizun
  • Conseil général du Finistère
Sont membres avec voix consultative :
  • le Préfet
  • le Conservatoire du Littoral
  • la CCI de Quimper
  • l'Association Tourisme en Cap Sizun
  • l'Association des commerçants de la Pointe du Raz
  • le CDT
  • les mécènes
  •  

 

Dépenses de
fonctionnement
Recettes de
fonctionnement
personnel
 
826 KF parking2349KF
entretien site
bâtiments etc
navette
promotion, info
200 KF

540 KF
170 KF
guidage
diaporama

 
25 KF
34 KF

 
intérêt emprunts 95 KFrevenus
immeubles
et produits
except.
13 KF
taxes + divers420 KFTOTAL2421 KF
redevance
Plogoff*
750 KFrecettes
propes
 
TOTAL3001 KF   Subventions104 KF



Les retombées économiques et le partenariat local

Les commerçants présents sur le site sont les premiers à reconnaître l'impact positif de la réhabilitation sur leur activité et leur chiffre d'affaire.

Les retombées de l'opération à l'échelle du Cap Sizun si elles existent certainement sont plus difficiles à cerner. Elles ont pourtant été au coeur du projet et ce dès l'origine : l'objectif étant de faire de la Pointe du Raz « la porte d'entrée sur le Cap Sizun ».
La maison du site s'attache d'ailleurs à faire la promotion du Cap Sizun dan a globalité et à inciter les visiteurs à séjourner et à découvrir le autre richesse de la région. Cependant une grande partie des mesures d accompagnement prévues à l'opération grand site pour le Cap Sizun reste encore à définir con rètement et à mettre en oeuvre. Seul le bouclage des sentiers côtiers est réalisé.


Conclusion

L'Opération grand site de la Pointe du Raz est exemplaire à plus d'un titre : ampleur des dégradations, importance des moyens de remise en état du site, caractère spectaculaire des démolitions, prise de conscience «de ce que gérer un site naturel veut dire»

Elle devrait inciter également à la modestie dans les interventions sur les grands sites et pose plus que tout autre la question de la réversibilité des aménagements. N'oublions pas que l'OGS des années 90 a été précédée dans les années 60 par une première opération de réorganisation du site elle aussi d'envergure pour l'époque ; elle
avait abouti à la création des parkings et du regroupement de commerce au sein de la « cité commerciale », ceux-là même qu'il s'est avéré prioritaire de détruire en 1995...

Les nouveaux aménagements subiront-ils le même sort dans quelques décennies ? Reste que l'intervention actuellement en cours comporte on l'a vu, un important volet de reconstitution du paysage de landes et de pelouses littorales. S'il réussit, il marquera l'histoire du site et, au delà, l'histoire des techniques de reconstitution végétale et écologique.

 

Le Pont d'Espagne - Hautes-Pyrénées

 

Le site

L'accueil du public et les formes de régulation des flux

L'aménagement du site dans le respect de l'esprit des lieux

La structure et les moyens de gestion

Les retombées économiques et le partenariat local

Conclusion

Le site

Le site du Pont d'Espagne est d'abord et anciennement une « curiosité pittoresque ». Il doit son nom et sa renommée à un pont enjambant le Gave de Gaube, à l'aplomb d'une cascade. Il fait partie, avec Gavarnie, des excursions classiques des Pyrénées.


C'est aussi le domaine de ski de fond de Cauterets (1 200 habitants permanents, 20 000 lits touristiques), station réputée par ailleurs pour son domaine de ski alpin et ses thermes.

Le site du Pont d'Espagne a fait récemment l'objet d'une importante opération de réhabilitation, à l'initiative des collectivités locales. En effet, le site, en cul de sac, connaissait un véritablement envahissement par la voiture, avec 2 700 voitures et 9 000 visiteurs les jours de pointe d'été, engendrant des dégradations importantes du site, situé en zone centrale du Parc national des Pyrénées, rebaptisé « Le Pont d'Enfer ».

L'étude de programmation préalable à la réhabilitation fournissait un diagnostic sévère : « Le site se caractérise par un moindre projet économique: le système fonctionne à peu de frais pour le gestionnaire et avec un minimum d'emplois ; en contrepartie, l'accès au site et à la plupart des activités sont gratuites, moyennant quoi la clientèle est peu exigeante sur la qualité des prestations. galement un moindre profit culturel et écologique : bien plus que la surfréquentation, c'est l'absence de gestion de cette fréquentation qui doit être mise en cause dans les atteintes ponctuelles dont est victime la végétation sur certains sites sensibles».

La réhabilitation du site, d'un montant de 35 MF, a comporté :

- la coupure de la route bien avant le Pont d'Espagne lui-même, où sont regroupés les parkings

- la création d'une porte d'entrée du site : parking, accueil, locaux techniques, départ des sentiers

- la création d'un téléporté dans le site, préféré pour son caractère réversible sans atteintes au site, à une navette routière qui aurait nécessité la réfection de la route d'origine

- la mise en place d'une structure de gestion du site

Caractères généraux
  • situé sur la commune de Cauterets, à 7 km environ du centre de Cauterets
  • caractères physiques: situé à 1 496 mètres d'altitude, dans un paysage pyrénéen marqué par l'importance des estives maintenant un paysage ouvert et la forêt.
  • fréquentation : été: 500 000 visiteurs hiver : 150 000 visiteurs (ski de fond)
  • statut de protection : zone centrale du Parc national des Pyrénées
  • Site classé au titre de la loi de 1930
  • statut foncier :
    appartient en totalité à la Commission syndicale de la Vallée de Saint Savin, établissement public très spécifique aux vallées des Pyrénées


L'accueil du public et les formes de régulation des flux

Deux éléments sont à noter :

- la capacité de stationnement a été légèrement réduite. Alors que le site avait absorbé auparavant des pointes pouvant aller jusqu'à 1 600 voitures et 20 cars, le parking comporte aujourd'hui 1 500 places. Le stationnement sauvage est impossible et le parking a été implanté dans un lieu où il ne pourra pas être agrandi.

Lorsque le parking est plein, ce qui est arrivé à cinq reprises depuis sa création, le gestionnaire du site ferme la route d'accès. Du personnel du site descend sur la route de Cauterets, informe chaque automobiliste et les dirige vers d'autres sites

- un service de navettes (bus) a été créé entre Cauterets et le site (7 km).

Il a été confié à un opérateur privé qui reverse une redevance annuelle à l'organisme gestionnaire du site.
La seule gestion du site nécessite 26 équivalents plein-temps sur l'année en majorité mobilisés sur l'accueil du public.

Trois établissements commerciaux sont implantés de très longue date dans le site : un café-restaurant ; un café-restaurant-hébergement de groupes (46 lits) ; un hôtel-restaurant de 14 chambres. Tous trois sont propriétés de la Commission syndicale (murs). Pour l'instant, ces établissements, vétustes, n'ont pas fait l'objet de travaux de réhabilitation. Si l'un d'eux, récemment installé, se sent partie-prenante du projet, les deux autres, plus âgés, en restent assez extérieurs.

 

L'aménagement du site dans le respect de l'esprit des lieux

Le parti d'intervention sur le site a été différent suivant les niveaux de sensibilité du site et les niveaux de pression touristiques qui s'y exercent.
Il distingue en effet  deux zones :

-le coeur du site, englobant la zone d'accueil et le Pont d'Espagne proprement dit, aménagée autour du concept de « jardin de montagne », engendrant un type d'aménagement « construit » et architecturé ; ces qualificatifs s'appliquent aux différents bâtiments et ouvrages, amis également aux espaces « naturels, forêts, - landes et pelouses dont les techniques d'aménagement et d'entretien relèvent davantage de l'horticulture que de la sylviculture classique

- la périphérie, pratiquement pas aménagée, avec une fonction touristique orientée vers la randonnée et l'approche de la Haute montagne.

Il n'en reste pas moins que la réhabilitation s'est traduite par une construction lourde sur le site. Si la qualité du projet et de son exécution n'est pas en cause, sa présence dans le site dont il « barre » l'approche est particulièrement imposante. Le projet initial, au vu duquel les autorisations ministérielles d'intervention en site classé ont été délivrées, prévoyait un paysagement conséquent du parking, limitant son impact visuel. Ces plantations de haies n'ont pas été réalisées à ce jour.

 

La structure et les moyens de gestion

Il s'agit là d'un aspect particulièrement intéressant de ce cas.

Une société d'économie mixte a été créée pour assurer la maîtrise d'ouvrage de l'opération, dont 44 % du coût a été financé par emprunt de la SEM.

Depuis sa réhabilitation, le site est géré par « Espaces Cauterets », régie communale de la ville de Cauterets, chargée de toute l'activité touristique de Cauterets. Le fait qu'un grand site naturel soit géré par un opérateur est relativement rare. C'est le signe que ce site naturel est aujourd'hui totalement intégré à la politique touristique de Cauterets et à sa politique d'image.

PropriétaireMaîtred'ouvrage
S.E.M
Gestionnaire
Commission
syndicale de
la Vallée
St Savin
Commune 34 %Espaces
Cauterets
 CSVSS 34 % 
 Espaces C. 10% 
 EDF 10 % 
 ONF 
 particuliers 

 

Dès l'origine du projet, le principe de l'autofinancement du fonctionnement du site a été retenu. Celui-ci est en effet entièrement financé par les usagers du site, c'est-à-dire ses visiteurs qui paient des services ou des redevances pour des activités (vignette ski de fond).

Espaces Cauterets paie une redevance à la SEM, pour l'exploitation du site, correspondant au montant du remboursement des annuités d'emprunt. C'est donc en fait Espaces Cauterets qui a pris le risque de l'opération au plan économique.

Le financement de l'opération

Subventions
Région Midi-Pyrénées    4,40 MF
Département                3,40 MF
Europe                         3,80 MF
État                             5,20 MF
Agence de l'eau            0,70 MF

Autofinancement           1,50 MF
Emprunt sur 12 ans      15,50 MF

 

   

Données-clés sur le budget de gestion 1996 (Espaces Cauterets)
Dépenses HTRecettes HT
Total       7,40 MFRecettes d'expl.  6,5 MF
dontdont
personnel  2,90MF
charges
d'expl       1,10MF
annuités
d'emprunt 1,10MF
redevance
SEM          2,40MF

 
parking             23,6 %
remontées
mécaniques         40 %

téléporté           16,4 %
redevance
ski de fond          19 %
La première année d'ouverture du site dans la nouvelle configuration fait appa raître un excédent d'exploitation.
Le déficit (- 0,95 MF) apparaissant au bilan est du au montant élevé de la redevance versée à la SEM pour le remboursement de ses emprunts. Un rééchelonnement des annuités est intervenu à partir de 1997.


Les retombées économiques et le partenariat local

On a vu que le partenariat local a été particulièrement fort sur ce site. A la différence de nombreuses Opérations grands sites où l'administration centrale du Ministère de l'environnement est fortement moteur, le projet a été ici souhaité, conçu et géré localement par les collectivités locales et le Parc national des Pyrénées.

La mobilisation de l'opérateur touristique de Cauterets (Espaces Cauterets) dans le projet témoigne de la place prépondérante qu'a eu la revalorisation du site aux yeux du public, et l'amélioration des conditions d'accueil.
Espaces Cauterets estime qu'aujourd'hui l'attractivité du Pont d'Espagne génère 30 % des « journées touristiques » en hiver et la quasi totalité de l'économie touristique locale (hors thermalisme) en été. C'est dire l'enjeu que représente un tel site. L'Office du tourisme de Cauterets communique largement sur le Pont d'Espagne : « au Pont  d'Espagne, moi j'estime la nature » , « Pont d'Espagne, grimpez dans l'estime de la nature » .


Conclusion

Le nouveau dispositif répond aux problèmes posés par une fréquentation de masse sur un site fragile. La gestion du site satisfait tout à la fois le Parc national des Pyrénées et les visiteurs auprès desquels des enquêtes de satisfaction sont régulièrement menées.

Son mode de gestion, de type commercial bien qu'assuré par une structure publique, contribue à inscrire le site dans une économie locale montagnarde.

Du point de vue des aménagements réalisés dans le site, cet exemple, de même que celui de la Pointe du Raz
 avec lequel il a beaucoup de points communs, s'apparente à un « équipement public lourd ».

C'est le cas, tant à l'échelle du site naturel (taille imposante des bâtiments, réalisés en pierre, aménagement des parkings, etc.), qu'à l'échelle plus large d'une région rurale et d'une économie locale.
Ces aménagements vont dans le sens d'une meilleure gestion des sites. Mais n'existerait-il pas (ou n'existera-t-il pas dans le futur) une alternative à ces équipements lourds des sites, aussi réussis soient-ils ?

 

Terschelling - Pays-Bas

 

Le site

L'accueil du public et les formes de régulation des flux

L'aménagement du site dans le respect de l'esprit des lieux

La structure et les moyens de gestion

Les retombées économiques et le partenariat local

Conclusion
 

 

Le site

Il s'agit d'une des îles de l'archipel frison, qui s'étend au nord des Pays-Bas. L'île est située à 40 km de la côte sud du Danemark, soit à 2 heures de bateau.
Elle est composée de dunes (4 200 ha), de marais salants (2 700 ha), de vasières et landes, et enfin de boisements (730 ha). La majeure partie de cette zone est composée d'aires naturelles. Un polder, essentiellement agricole, représente environ 1 500 ha.

Les vastes aires naturelles qui ont été formées par les forces conjuguées du vent, du sable et de la mer comptent parmi les régions à forte valeur paysagère du pays. Au début du 20e siècle, le drainage a été pratiqué à grande échelle en vue du reboisement et de l'exploitation des terres, deux villages de vacances et plusieurs hôtels ont été bâtis pour développer le tourisme.

L'île compte 4 500 habitants, dont la moitié habite dans le port de

West-Terschelling, au sud, l'autre moitié étant disséminée dans 10 villages. L'est de l'île, qui fait 10 km de long, est inhabité.

Depuis maintenant plus de 30 ans les autorités locales et l'État travaillent en étroite coopération et consensus à sauvegarder le caractère de l'île. Ce consensus a permis d'anticiper les problèmes de fréquentation avant qu'il ne se posent vraiment. Cela leur a permis d'intervenir de façon plus préventive que curative.

Caractères généraux
  • caractères physiques: Il 000 ha, 30 km de long, 3 à 4 km de large
  • fréquentation: 350 000 touristes.  2 500 000 incursions dans les aires naturelles
  • statut de protection : nature protection act
  • statut foncier : à 80 % propriété de l'Administration nationale des forêts (Staatsbosbeheer)



L'accueil du public et les formes de régulation des flux

A Terschelling, la gestion de la nature et des loisirs sont les principaux pôles d'attention de l'Administration des forêts, propriétaire de 80 % de la superficie de l'île.


L'île est un lieu de séjour prisé des Néerlandais : 350 000 touristes, pour des séjours supérieurs à 6 jours. Une étude a révélé que les touristes qui se rendent à Terschelling accordent une importance toute particulière aux formes actives de loisirs et que le paysage, la nature, la plage et le calme sont les raisons principales de leur séjour. Compte tenu de son éloignement, l'île n'attire pratiquement pas de visiteurs à la journee.

Les aires naturelles de l'îles sont très fortement sollicitées par le public. L'Administration des forêts estime que les aires naturelles qu'elle gère reçoivent 2 000 000 de visites par an de la part de touristes, et 500 000 de la part des habitants de l'île, pour des incursions de 30 minutes jusqu'à une journée entière. L'accès de ces zones naturelles est libre, l'ouverture maximale au public étant un principe fondateur de la politique de l'Administration forestière et des autorités locales à Terschelling.

La politique conduite à Terschelling combine :

- une politique de non accroissement du nombre de lits touristiques: la municipalité a en effet fixé à 20 000 la capacité d'hébergement maximale (tout type d'hébergement confondus). Cette option a été prise il y a 30 ans et n'a jamais été remise en cause. Elle témoigne du désir des locaux de conserver son caractère au lieu. Cette limitation est traduite dans les documents (« Local town and countryside planning system » ).

- un système de zonage de la fréquentation par le public reposant sur l'identification de la fragilité des différentes zones de l'île.

L'Administration des forêts a établi un plan de gestion pour 10 ans (1992-2002) ayant pour objectif d'organiser les flux de visites de façon à ce que :

- «la qualité de la nature et du paysage soit maintenue et même améliorée

- les visiteurs puissent profiter au maximum du paysage et de la nature»
 

Afin de le rendre compatible avec la fragilité des zones d'intérêt écologique, la stratégie de l'Administration des forêts a consisté étudier tout d'abord les comportements et attentes des visiteurs. Elle a distingué 3 grandes catégories :

- les visiteurs qui viennent pour se distraire (<10%) : ils ne sont pas particulièrement intéressés par la nature. Ils font des activités en groupe, chose qui pourraient aussi bien avoir lieu en dehors des airesnaturelles.

- les amoureux de la nature (75-80 %). Ils désirent plus que tout profiter (visuellement) de l'espace, du paysage et de la nature. Le calme est pour eux relativement important. La plupart du temps, ils viennent sur l'île en famille.

- les naturalistes (15 % environ). Les activités de ce groupe sont fortement axées sur l'étude de la flore et de la faune. Il s'agit la plupart du temps d'activités individuelles ou déployées en petits groupes. Les priorités de ce groupe sont un environnement aussi naturel que possible et beaucoup de calme, c'est-à-dire peu d'autres visiteurs autour d'eux.

C'est sur la base de cette étude qu'un zonage a été réalisé, correspondant à des fonctions récréatives et à des niveaux d'équipements différents :

- la zone destinée à ceux qui viennent pour se distraire: elle est équipée pour l'accueil et la circulation d'un grand nombre de visiteurs dans un laps de temps aussi bref que possible. Ces équipements sont axés sur la distraction, la sécurité et la prévention des dégâts et des nuisances. Il s'agit par exemple de l'installation d'aires de stationnement pour les voitures et les bicyclettes en bordure des points d'accès aux plages.

- la zone destinée aux « amoureux de la nature » : dans la zone réservée à ce groupe, les équipements sont le support d'activité de découverte active de la nature et des paysages : sentiers pour les cyclistes, les promeneurs et les cavaliers, chemins d'interprétation, points de vue, panneaux d'information et d'orientation. Les équipements de support (points de départ des itinéraires pédestres et des excursions, points de vue, etc) se trouvent à proximité des lieux de villégiature (campings, bungalows, villages). Un vaste programme d'excursions (plus de 300 par an) est proposé en collaboration avec le Syndicat d'initiative sous la direction du garde forestier.
L'île compte un parc de 10 000 vélos de location, et connaît des problèmes de stationnement ... de bicyclettes, à proximité des plages, et un surencombrement des pistes cyclables, mais le parti a été pris de ne pas les élargir.

- la zone destinée aux naturalistes : l'aménagement y est aussi naturel que possible et les équipements quasi inexistants : absence de signalétique, routes et chemins non asphaltés, de plus en plus ténus dans les zones les plus sensibles (en bordure de prairies humides par exemple), pouvant ne devenir que des simples sentes tracées dans l'herbe par fauchage.

L'Administration des forêts considère que ce système de zonage a réussi à réguler la pression des visiteurs et à garantir la préservation des zones les plus sensibles.

 


L'aménagement du site dans le respect de l'esprit des lieux
 

Le degré d'aménagement et les types de réalisations sont modulées en fonction des 3 zones présentées ci-dessus.


Les villages de vacances et les hôtels ont été réhabilités.

Les principales aires naturelles de l'île ont été restaurées :

  • interruption ou réduction du drainage
  • remise en état des friches
  • stimulation de la dispersion du sable dans les dunes asséchées
  • transformation des boisements de pins enforêts de feuillus

 

La structure et les moyens de gestion

L'Administration des forêts dispose de 15 agents à Terschelling en hiver, chiffre qui l'élève à 20 en été.


Le budget annuel consacré au site de Terschelling s'élève à 6 MF, les recettes propres générées par l'exploitation du site représentant 46 % du total. L'État, au travers du Ministère de l'agriculture de la gestion de la nature et de la pêche subventionne directement une partie du budget de fonctionnement.

Données-clés sur les budgets de gestion   

DépensesRecettes
Total                  6 MFRecettes d'expl. 2,80MF
dontdont
accueil du public  39%
entretien milieu
naturel               32%
frais généraux,
taxes...              29%

 
accueil du public    64%
produits de la
forêt                    15%

autres                  21%
Subvention Etat 3,20 MF

Les gestionnaires

Staatsbosbeheer, Administration nationale des forêts (service du ministère de l'agriculture qui gère au niveau national 210 000 ha de forêts et d'aires naturelles, qu'il s'agisse de terres ou d'eau).


Les retombées économiques et le partenariat local
 

L'attrait de l'île est ses paysages et ses milieux naturels.

La population vit de l'agriculture, mais surtout du tourisme : 80 % des insulaires dépendent de l'activité touristique et le chiffre d'affaire du secteur des loisirs s'élève à 445 MF.

Les relations sont loin d'avoir toujours été bonnes avec les habitants et leurs représentants. De gros efforts ont été accomplis, en ce domaine. Depuis, l'Administration des forêts évalue régulièrement sa communication, au travers d'enquêtes par questionnaires anonymes auprès des habitants. Ces enquêtes montrent une adhésion locale à l'action menée.

« Impossible de gérer 80 % d'une île sans l'acceptation de ses habitants »

« Avant que le plan de gestion ne soit définitivement établi, de nombreux entretiens ont été menés avec le conseil municipal afin de veiller à ce que ce plan soit bien adapté à la politique locale des loisirs. La stabilisation, qui a maintenu depuis 1970 la capacité d'hébergement sur l'île à 20 000 lits, est l'un des aspects importants de cette politique. En outre, des informations détaillées ont été fournies et des réunions ont été organisées avec la population locale et les groupes d'intérêts, afin de discuter du concept de ce plan. Notre objectif était de permettre ainsi l'apport de modifications éventuelles et de nous assurer que le plan recevrait le maximum de soutien de la part de la population locale. Dans le cadre de cette campagne d'information, un résumé du concept du plan de gestion a notamment été distribué dans chaque foyer. Nous ne voulons pas agir comme un propriétaire féodal, mais comme un " business partnler " normal et responsable.

C'est impossible de gérer 80 % d'une île sans la coopération et la compréhension des habitants.
Communication et information sont la clé »
(Freek Zwart, Staatsbosbeheer).

 

Conclusion

Le responsable du site, appartenant à l'administration des forêts, qui le gère depuis 25 ans, estime que l'île offre aujourd'hui une qualité de milieux naturels reconnus au plan international, tout en accueillant un nombre élevé de visiteurs satisfaits de leur visite.

Il attribue ce succès à deux facteurs-clés :
  • la politique de plafonnement du nombre de lits touristiques qui permet de contenir l'afflux de visiteurs à un niveau acceptable pour le milieu et gérable pour les autorités de l'île
  • la politique de plafonnement du nombre de lits touristiques qui permet de contenir l'afflux de visiteurs à un niveau acceptable pour le milieu et gérable pour les autorités de l'île
  • au zonage de l'île établi en fonction des publics et de leurs attentes : il permet de bien gérer les différents niveaux de sensibilités écologiques de l'île et de proposer à chacun une offre correspondant à ses attentes.

Il insiste sur la nécessité de maintenir en parfait état de fonctionnement les équipements et les aménagements.