La pêche à pied


Mode de pêche de loisir le plus pratiqué en France métropolitaine, la pêche à pied s'exerce sur l'estran à marée basse, quand la mer le découvre suffisamment. Contrairement aux autres pratiques, la pêche à pied est une activité peu coûteuse qui se pratique à la main ou à l'aide de quelques outils rudimentaires artisanaux et ne nécessite pas l'emploi d'un bateau.

Ne nécessitant pas une grande connaissance halieutique, elle permet de récolter suffisamment et à moindre effort des espèces courantes sur les littoraux. La « bonne capture » est surtout liée à la connaissance des coins de pêche productifs, plutôt qu’à la dextérité ou la pratique de l'activité.

Les espèces ciblées sont très nombreuses : étrilles, tourteaux, araignées et crabes, crevettes, huîtres, moules, patelles, palourdes, bigorneaux, couteaux, coques, vers, praires et parfois des poissons (congres, soles, plies).

Les outils utilisés prennent diverses formes (en fonction de l'espèce recherchée) et sont souvent issus de la tradition locale : à main nue ou à l'aide de couteaux, fourchettes, haveneaux, griffes, burins, tournevis, outils de jardin (pelle, râteau, fourche). Trois types de pêche à pied sont à différencier selon la nature du fond ou la hauteur d'eau : sur platiers et blocs rocheux, sur fonds meubles et dans l'eau.

Pêcheurs à pied lors d'une grande marée en 2010 dans le Golfe du Morbihan
© Elodie Maison

 

La pêche du bord


Pratiquée sur le rivage, de préférence à marée montante et sans utiliser une embarcation, c'est le mode de pêche qui se rapproche le plus de la pêche en rivière très répandue sur le continent. Là encore, trois pratiques sont à distinguer : à partir d'une plage ou « surfcasting », d'une jetée ou d'un port et depuis une côte rocheuse.

Effectué depuis un port ou une jetée, c'est le premier type de pêche du bord pratiqué (plus accessible et moins sportif). Les néophytes acquièrent ainsi les premières bases de la pêche à la ligne. Le matériel varie beaucoup selon les pêcheurs (carrelet ou filet soulevé, balance, canne à pêche) et permet de pêcher des espèces d'embranchements variés comme les éperlans, les poissons à faible valeur commerciale (lieux, tacauds, plies, vieilles, maquereaux), les crustacés et les céphalopodes.

Enfin, la pêche exercée depuis une côte rocheuse est surtout pratiquée en Méditerranée et en Bretagne. Dite sportive, elle se fait essentiellement au lancer-ramener, au flotteur ou aux leurres et cible des poissons de roches comme le bar, la vieille, le tacaud et le lieu. Le fait d'avoir ces 3 types de techniques dans une même pratique est surtout lié à l'espèce recherchée qui diffère selon les caractéristiques physiques et hydrodynamiques du milieu.

Surfcasting depuis un estran rocheux dans le PNM des estuaires picards et de la mer d'Opale © Patrick Lacampagne

 

La pêche du bord rassemble quelque 800 000 personnes sur les côtes françaises chaque année.

La pêche embarquée

 


Pratiquée à partir d'une embarcation exclusivement, la pêche embarquée revêt deux formes. Tout d'abord la pêche aux engins traditionnels qui allie le plaisir de la pêche et celui de la balade (de ce fait elle se nomme aussi « pêche promenade »). Elle est pratiquée par plus de 600 000 français. Le pêcheur amateur utilise des  engins communément employés par les pêcheurs professionnels (néanmoins la réglementation concernant le type d'engins, leur nombre et leur taille est différente), comme les filets trémails (en Atlantique), les palangres, lignes de traîne, casiers à crustacés, etc., mais aussi des techniques plus simples, comme la ligne à main.


La deuxième façon de pratiquer la pêche embarquée est plus sportive, en utilisant toujours un bateau mais plus au large, avec des cannes à pêche et des moulinets (matériel très élaboré et généralement coûteux). Le pêcheur n'utilise que sa canne et cible de gros poissons, comme les bars adultes, les grosses dorades et les congres. Dans ce registre, on distingue encore plusieurs types de pêche embarquée sportive, en fonction de l'espèce recherchée. On trouve également la pêche aux thonidés à la traîne et la pêche aux squales, cette dernière ciblant le peau bleue, le mako, le renard ou le taupe (la capture de ces deux dernières espèces étant désormais interdite).

 

La chasse sous-marine


La pêche sous-marine (ou chasse sous-marine) peut être pratiquée depuis la côte ou à partir d'un bateau, elle consiste à traquer ou chasser les poissons, crustacés et mollusques en apnée (l'utilisation d'un scaphandre autonome est proscrite). Ses adeptes utilisent des palmes, masque et tuba, une combinaison, une ceinture de plomb, un fusil ou arbalète et doivent signaler leur présence à la surface par une bouée avec un pavillon alpha, une croix de Saint André ou un pavillon rouge à diagonale blanche. Le ramassage de coquillages et d’oursins en plongée libre rentre dans cette catégorie.

Activité très sélective, elle cible les espèces et individus de grande taille comme l'araignée, le lieu, la vieille, le bar (ou loup), la dorade, le congre, le corb, les coquilles Saint-Jacques ou encore le sar.

Les différentes éco-régions maritimes


Il existe peu de données qui permettraient d'établir un état des lieux par façade ou éco-région maritime française, les pratiques étant très diversifiées d'une région à l'autre. Chacune a sa particularité :

  • Sur la façade méditerranéenne, on observe une forte présence de la pêche embarquée et sous-marine, mais néanmoins c’est la pêche du bord qui domine en nombre de pratiquants. En effet, les eaux sont plus claires que sur les autres façades, les conditions météorologiques plus clémentes et les côtes rocheuses sont fortement représentées. En Méditerranée, la pêche de loisir est particulièrement importante, représentant plus de 10% de la production totale des pêcheries dans cette zone. Quelques études réalisées à une échelle très locale démontrent même un prélèvement sur la ressource équivalent à celui de la pêche professionnelle (c’est le cas notamment du Parc marin de la côte Bleue).
  • En Manche-Mer du Nord et sur tout le pourtour breton, on observe une pratique importante de la pêche à pied : les côtes sont sableuses ou rocheuses, avec un système de marées et des conditions climatiques favorables à ces pratiques.
  • En outre-mer, la pratique de la pêche non commerciale s'apparente plus à une pêche vivrière, dont l'objectif est plus axé sur la consommation des produits de cette pêche que sur le plaisir de pratiquer l'activité, et de ce fait ne constitue généralement pas un loisir comme on l'entend en métropole.
    C'est ce qui explique que le terme « pêche de loisir » ne soit souvent pas adapté à la problématique ultramarine, où les populations pêchent pour nourrir leur famille, de façon complémentaire à d'autres ressources, parfois de façon indispensable à leur survie. Cette caractéristique particulière à l'outre-mer rend difficile l'acquisition de connaissances sur les pratiques dans ses territoires, qualitativement et quantitativement.